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Une passoire dans le Pontiac

À vous la parole
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POINT DE VUE / Le 16 avril dernier, le gouvernement du Québec annonçait qu’il fermait la frontière avec l’Ontario et nous assurerait un contrôle serré des déplacements pour limiter la propagation des variants préoccupants.

Ce fut le chaos ce lundi-là pour traverser entre Ottawa et Gatineau. Les règles ont donc été assouplies. Toutefois, sur les autres ponts, comme à Chenaux pour traverser dans le Pontiac ou à l’Isle-aux-Allumettes, où les résidents font habituellement quotidiennement le saut à Pembroke pour y faire leurs achats, pas question de passer.

Pour les résidents du Pontiac en Outaouais, le comté de Renfrew est la destination pour la majorité de leurs besoins alors que Gatineau est à une heure de route. Alors que la Police provinciale de l’Ontario traite les Québécois comme des pestiférés, elle laisse passer les Ontariens qui viennent le week-end à leurs chalets avec parents et amis parce qu’ils utilisent l’exception permise à l’interdiction quant à l’entretien d’une résidence secondaire.

Ailleurs au Québec, tout rassemblement de personnes qui n’habitent pas la même adresse est passible d’amendes salées. Alors pourquoi pas la même règle pour les Ontariens qui dorment ici durant le couvre-feu avec des plaques de l’Ontario et une adresse ontarienne ?

La Sûreté du Québec m’informe qu’il est difficile d’en faire la preuve; que les Ontariens ont le droit de venir passer six mois ici à condition qu’ils fassent une quarantaine! Et que la police n’intervient que pour des rassemblements qu’elle peut constater.

Chez moi à Sand Bay, près de Shawville, il n’y a pratiquement que ça des Ontariens. Disons à 80 %. Ils vont et viennent comme ils veulent. La municipalité n’y voit pas de problème non plus à condition qu’ils respectent les règles de distanciation, a soutenu, en anglais, le maire John Armstrong.

Est-ce que j’ai peur d’attraper la COVID d’eux ? Non.

Est-ce que, moi, j’aimerais pouvoir aller à Québec ou à Montréal voir ma famille que je n’ai pas vue depuis je ne sais combien de temps maintenant ? Oui.

Mais je ne peux pas, moi. Car au vrai Québec, je recevrais une amende.

Est-ce que le Pontiac fait vraiment partie du Québec ? Dites-le-moi, car je vais faire mes impôts en Ontario moi aussi.

Sandra Lemire Wolf, Sand Bay, Qc