Brenda Lucki a été nommé à titre de Commissaire de la Gendarmerie royale du Canada par Justin Trudeau, vendredi.

Une nomination remarquable

C’est sans grande surprise que le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a nommé une femme — la première de façon permanente — à titre de Commissaire de la Gendarmerie royale du Canada.

Faut-il rappeler que malgré le fait que les femmes ont été admises à la profession policière depuis plus de 40 ans — c’était en 1974 —, la vaste majorité des corps policiers canadiens ne sont toujours pas représentatifs de la population canadienne, et tout particulièrement en ce qui a trait à la proportion des femmes dans leurs rangs, et cela malgré une politique agressive de recrutement.

La GRC — qui compte 24 000 des 62 000 policiers au Canada — est cependant l’une des organisations policières la plus représentative en ce qui concerne les minorités culturelles.

Cependant, il n’y a que peu ou prou de femmes cheffes d’un corps policiers au Québec et au Canada : moins de 5 %. La GRC n’y fait pas exception. C’est pourquoi, Il nous faut saluer cette nomination.

Femmes et leadership

Cela contraste toutefois avec la situation qui prévaut dans la fonction publique canadienne.

Dans son rapport annuel de 2017, le greffier du Bureau du Conseil privé du Canada, M. Michael Wernick, mettait en exergue le fait que les femmes — qui constituent incontestablement la majorité des 258 000 fonctionnaires embauchées par le gouvernement du Canada  — représentaient 47,3 % des employées du groupe EX en 2015‐2016.

Des 258 000 fonctionnaires, les cadres — dont le groupe EX —  représentent environ 6300 personnes de fonction publique canadienne. Ces postes de la haute direction — les mieux rémunérés et les plus convoités — sont donc occupés à près de 50 % par des femmes.

Ce qui est le plus remarquable c’est le fait qu’il s’agisse là d’une progression très importante — remarquable — depuis 1983, alors que les femmes représentaient moins de 5,0 % des cadres de direction de la fonction publique canadienne.

En somme, en 2015-2016 les femmes occupent un poste sur deux de la haute fonction publique canadienne alors qu’il y a une trentaine d’années — en 1983 — cette proportion était de un sur 25. C’est la une progression remarquable qu’il nous faut saluer.

L'auteur est Alain-Robert Nadeau, avocat et docteur en droit constitutionnel. Alain-Robert Nadeau a été avocat et conseiller juridique à la GRC et, plus récemment, membre civil et conseiller constitutionnel principal. En outre, il est le rédacteur principal du nouveau Code de déontologie des membres de la GRC.