Mathieu Lacombe, ministre responsable de l’Outaouais

Une lueur d’espoir

SO2020 félicite le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, d’avoir fait adopter par l’Assemblée nationale du Québec une motion unanime reconnaissant entre autres « que la région de l’Outaouais a accumulé un retard important ces dernières années quant au financement public en santé, en éducation et en culture ».

Cette reconnaissance historique est un pas important dans la bonne direction pour que la région soit traitée équitablement. Il faudra toutefois qu’elle soit suivie d’actions concrètes, notamment au plan des investissements, étant donné les besoins immenses de la région. Il faudra beaucoup de détermination au ministre Lacombe et ses deux collègues députés de la région pour que la situation s’améliore, étant donné que les défis sont nombreux et datent de nombreuses années. Nous relevons ci-dessous les principaux défis en santé.

Selon l’Institut de la Statistique du Québec, il manque 1300 infirmières, auxiliaires et préposés en Outaouais. Et selon Le Droit, le CISSSO a dépensé 17 millions de plus en 2018-2019 qu’en 2015-2016 pour le remplacement et le temps supplémentaire du personnel infirmier. Ceci gruge des sommes importantes dans le budget, empêchant de développer les plateaux techniques et services pour recruter les 200 médecins spécialistes nécessaires en Outaouais. Quoiqu’en disent les autorités du CISSSO, la source de nombreux problèmes est le sous-financement chronique des services de santé en Outaouais. L’étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques d’août 2018 indiquait que les services de santé accusent un déficit annuel de 250 millions $. Sur quatre ans, c’est un manque à gagner cumulatif d’environ 1 milliard. De nombreuses voix se sont élevées, dont le maire de Gatineau et les préfets des municipalités régionales de l’Outaouais, pour réclamer un financement équitable pour l’Outaouais. La motion démontre que leur démarche a donné des résultats.

Ce sous-financement récurrent est responsable du manque de services, d’infrastructures, de plateaux techniques, de personnel médical et infirmier, créant de longues listes d’attente. Chaque année, le gouvernement du Québec verse entre 100 et 110 millions $ aux hôpitaux d’Ottawa, sans compter l’argent dirigé vers les hôpitaux de Montréal qui reçoivent des patients de l’Outaouais.

Cet argent doit être investi en Outaouais, notamment pour recruter du personnel, ouvrir des salles de chirurgie, développer une urgence pédiatrique 24/7, obtenir les équipements nécessaires à la cancérologie, etc. À l’automne 2018, lors de la campagne électorale, la CAQ s’est engagée « à investir massivement en santé en Outaouais en début de mandat ».

En janvier 2019, le premier ministre reconnaissait que des ajustements sont requis partout et que son gouvernement investirait rapidement. Malheureusement, aucun investissement n’a été annoncé à date. Il va falloir que des sommes soient prévues dans le prochain budget.

À cette même occasion, l’annonce de la ministre McCann d’installer un IRM « à l’hôpital de Gatineau parce que c’est un centre de cancérologie » s’est perdue et le CISSSO a laissé entendre qu’aucun IRM de traitement ne viendrait au centre de cancérologie.

Le MSSS devait recevoir, mi-septembre, les options proposées par le CISSSO pour ajouter 170 lits, vers un nouvel hôpital. SO2020 espère que des consultations commenceront bientôt. L’option retenue devra assurer d’obtenir à terme un véritable hôpital régional spécialisé, réunissant toutes les spécialités médicales interconnectées permettant d’offrir aux patients des services médicaux intégrés au même endroit.

Le temps passant, l’échéance de 2023 pour l’ouverture de l’hôpital devient problématique.

La population a souvent été déçue quant à l’amélioration des services en santé. La motion de l’Assemblée nationale donne de l’espoir à la population de la région. La confiance de la population sera tributaire des gestes concrets posés par le gouvernement.

Andrew Gibson et Gilbert Langelier,

Santé Outaouais 2020