Être bénévole dans une salle d’attente de l’urgence d’un hôpital peut être une expérience particulière.

«Une histoire d’entraide»

OPINION / Être bénévole dans une salle d’attente de l’urgence d’un hôpital peut être une expérience particulière. On y est en contact direct avec la maladie physique, mentale et on fait face à des accidents de toutes sortes. Dans cette salle, on y retrouve de jeunes enfants, des adolescents, des adultes et des personnes âgées de tous horizons et milieux sociaux.

Vous auriez sûrement tendance à éviter cet endroit, mais pour moi, c’est une façon de donner au suivant.

L’écoute est l’essence même du rôle de bénévole auprès de gens vulnérables. Il ne faut pas oublier les familles qui accompagnent les malades qui eux aussi ont besoin de réconfort. Certains patients ont besoin de couvertures, d’eau, de directions, d’informations, d’être transportés en fauteuil roulant et plus encore. Ces mêmes patients veulent souvent juste jaser. Chaque jour, j’écoute des histoires aussi différentes que touchantes et j’y vois toutes sortes de situations.

Je vous relate un cas d’entraide entre gens qui ont parfois un parcours à l’opposé mais qui se rejoignent dans ces moments de vulnérabilités qu’ils vivent à l’urgence.

Un jour, dans la salle d’attente, il y avait une itinérante intoxiquée et négligée qui était quelque peu incohérente et qui parlait fort. Elle attendait depuis plusieurs heures pour voir le médecin. Elle disait avoir faim mais n’avait pas un sou sur elle. Un jeune homme dans la vingtaine qui assistait à la scène est venu la voir pour savoir ce qu’elle aimerait manger et boire. Il est revenu quelques minutes plus tard avec un jus et un sac de petits gâteaux. Il lui a dit simplement que tout irait bien et est retourné à son siège. J’étais impressionnée par autant d’empathie et de générosité. J’ai été le remercier pour son geste et il m’a dit que c’est normal d’aider des gens en détresse et que lui, avait beaucoup de chance dans la vie.

Cela donne foi en l’être humain que l’on qualifie souvent d’individualiste.

Être bénévole à ce poste est tellement valorisant. On y voit la laideur de la maladie qui n’épargne personne, mais aussi la beauté des gens. Je ne repars jamais sans avoir reçu grande quantité de sourires, occasionnellement des bisous, des câlins et des remerciements pour avoir fait la différence. Je me sens privilégiée d’être bénévole à l’urgence et d’être si prêt des gens qui en ont besoin.

Je suis heureuse de faire partie de la grande famille de bénévoles de l’hôpital de Gatineau.

Gisèle de Brienne, Gatineau