Le drapeau franco-ontarien

Une étape pour le français en Ontario

L'Ontario a adhéré à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en tant qu'observateur. Cette reconnaissance internationale au sein de la Francophonie est une première victoire pour la communauté franco-ontarienne et de son acharnement à prendre sa place à l'égalité du groupe majoritaire au Canada.
Cette adhésion est une reconnaissance de la place des Franco-ontariens sur la scène internationale et de leur existence comme nation ayant un passé, une culture, une langue et une identité distincte en Ontario et au Canada. Qui aurait imaginé ceci il y a 30 ans ? Maintenant, les Franco-ontariens doivent travailler d'arrache-pied afin que l'Ontario soit admis à l'OIF comme membre associé, prochaine étape à une véritable reconnaissance de la place du français en Ontario.
L'OIF compte 84 États et gouvernements composés de 54 membres, quatre membres associés et 26 observateurs. L'Ontario fait partie du groupe d'observateurs au même titre que la Corée du sud et l'Argentine. Cela implique une volonté de favoriser le développement de l'usage du français, quel que soit son usage au moment de la demande. Il faut démontrer de plus un intérêt réel pour les valeurs défendues par la Francophonie.
Le rôle d'observateur est très limité, car au Sommet de la Francophonie, un gouvernement ne peut intervenir dans les débats, n'y assister aux sessions et présenter une communication sans l'accord de la présidence. Mais ce statut d'associé oblige une reconnaissance et véritable place du français dans l'espace linguistique ontarien. Ceci inclut par exemple un statut du français dans le secteur privé, en éducation, en santé et au tribunal, et au plan culturel. 
Le statut d'associé est une norme pour déterminer la véritable place du français en Ontario. Cela  devient un outil d'évaluation et un objectif pour la communauté franco-ontarienne. Une fois ces niveaux atteints, les Franco-ontariens doivent obtenir le statut de membres de plein droit au même titre que le Québec et le Nouveau-Brunswick.
Il faut commencer dès maintenant à mettre sur pied les éléments d'une demande pour passer au statut d'associé à l'OIF. Cette préparation permet de voir les progrès nécessaires en Ontario et cela guidera la communauté dans ses discussions avec le gouvernement de l'Ontario. En préparant cette demande, la communauté francophone prendra conscience de ses accomplissements et réussites et développera les moyens afin de mieux participer au national et à l'international. Cela canalise les énergies de la communauté franco-ontarienne et oriente les choix stratégiques futurs.
Une étape cruciale pour les Franco-ontariens est d'accentuer ses rapprochements avec le Québec et le Nouveau-Brunswick afin de créer un espace vibrant et viable pour les francophones. En accentuant les échanges économiques et sociaux, les Franco-ontariens se positionnent favorablement dans leur volonté de continuer à apprendre et parler le français, car c'est rentable pour les individus à plusieurs niveaux.
L'adhésion de l'Ontario à l'Organisation internationale de la Francophonie est une victoire pour Canada. Cette dualité linguistique, pierre angulaire d'un Canada moderne, est une fois de plus confirmée et doit être développée afin que puisse exister une véritable égalité linguistique des langues officielles canadiennes. 
Les Franco-ontariens ont le devoir de continuer le combat pour la prochaine étape et fort de cette première victoire, ils bâtiront leur place en Ontario à l'égalité du groupe majoritaire.
L'auteur, Gilles LeVasseur, est professeur et constitutionnaliste à l'Université d'Ottawa