Une demande de retirer le projet de loi 21

OPINION / M. le premier ministre Legault, M. le ministre Jolin-Barrette,

L’Institut pour la citoyenneté canadienne a suivi de très près les audiences sur le projet de loi 21. Alors que l’Assemblée nationale du Québec s’apprête à étudier et à voter le texte, nous tenons à joindre notre voix à celle des nombreuses personnes et organisations qui s’opposent vivement à ce projet de loi.

L’Institut pour la citoyenneté canadienne est un organisme de la société civile sans but lucratif qui s’efforce de favoriser l’inclusion et la citoyenneté active au sein de nos milieux de travail et de nos collectivités. Nous travaillons avec des dizaines de partenaires au Québec, comme des galeries d’art et des musées, des universités, des entreprises et des organismes communautaires, qui sont convaincus du bien-fondé du mandat visant à faire la promotion de l’inclusion. Nous pensons que la citoyenneté doit être protégée et célébrée.

Tous les citoyens sont égaux, indépendamment de leurs croyances religieuses, de leur façon de s’habiller, ou du fait qu’ils sont nés au Canada ou qu’ils sont devenus citoyens canadiens par choix.

Le projet de loi 21 crée deux niveaux de citoyenneté. S’il est adopté, il divisera, au Québec, les citoyens en deux catégories : ceux et celles qui jouissent pleinement de leurs droits et celles et ceux qui n’en bénéficient pas. Comme certains l’ont dit, c’est de « la discrimination instaurée par la loi ».

La liberté d’expression, y compris le droit de choisir comment s’habiller, est un droit qui est protégé par la Constitution du Canada et par les lois fédérales et provinciales sur les droits de la personne, y compris la Charte des droits et libertés de la personne. Le projet de loi 21 refuse ce droit à une partie de la population et l’empêche de participer pleinement à la société et à l’économie du Québec. Ce projet de loi empêchera certaines personnes d’occuper les mêmes emplois que les autres, non pas parce que ces personnes ne sont pas qualifiées, mais simplement à cause de leur apparence.

Le monde est de plus en plus polarisé. Chaque jour, nous entendons des nouvelles destinées à diviser et à nous mettre en opposition les uns contre les autres. Les gouvernements devraient lutter contre cette menace, et non pas y participer.

Le Québec accueille une population diversifiée, mais la diversité n’est pas synonyme d’inclusion. Au lieu de célébrer les différences, le projet de loi 21 les sanctionne. Au lieu de rassembler les citoyens, le projet de loi 21 les divise en deux catégories. Résultat : une société fragilisée et plus divisée qui nuit à tous les Québécois.

Nous vous prions respectueusement de reconsidérer une loi qui officialise la discrimination et qui crée deux catégories de citoyens. Elle établit un précédent important. Merci de choisir de faire du Québec un lieu où les différences sont célébrées et la citoyenneté est synonyme d’appartenance.

Yasir Naqvi,

Président,

Institut pour la citoyenneté canadienne