Une «Coop média» pour sauver nos journaux régionaux

POINT DE VUE / Avec l’impasse financière du Groupe Capitales Médias, c’est l’occasion de changer la formule d’affaires pour en assurer une plus grande pérennité. La formule classique «investisseurs/actionnaires» nous dirige malheureusement trop souvent sur le chemin d’un sauvetage financier. De plus, il est toujours préférable que l’argent du public serve à supporter des initiatives publiques, qui ont pour but l’intérêt général du public.

Il ne s’agit pas ici d’une coopérative de travailleurs, car cette formule se limite à la capacité financière des individus et, dans le cas des médias, il est nécessaire d’avoir accès à un important capital venant de la masse et, en plus, ce capital se doit d’être patient et évolutif. Dans ce débat qui se déroule présentement, il serait souhaitable que la formule coopérative, qui pourrait s’enquérir des actifs du Groupe Capitales Médias, soit prise en considération par le gouvernement du Québec et qu’il facilite la création.

Imaginez que les abonnés des journaux consentent à dédier 15 $ en part sociale dans la nouvelle coopérative et que, pour l’occasion, elle porte le nom de «Coop média». Avec un million de personnes, l’apport financier collectif s’élèverait à 15 millions $. Ce n’est pas négligeable!

Avec la formule coopérative, qui repose sur l’égalité dans le pouvoir et une utilisation d’expertises variées auprès de gens élus, il est envisageable de recourir à la démocratie locale et celle-ci viendra servir la grande démocratie que la population veut tant préserver. La formule coopérative permettrait également de répondre au besoin de régionalisation et de recourir à des administrateurs locaux.

Une coopérative se doit de vivre selon les règles du marché existant. Par conséquent, ce n’est pas un organisme de charité mais bien une entreprise gérée et influencée par ses utilisateurs qui se doit d’agir en fonction de la rentabilité. Pour ne pas en faire une machine à subvention, il est requis que celle-ci se dote d’un bon plan financier, où d’ailleurs ses productions seraient protégées et lucratives, et celle-ci pourrait bénéficier d’un capital patient et de la possibilité d’instaurer des réserves pour mieux assurer sa pérennité. De plus, la propriété deviendrait collective et le risque d’emprise extérieure deviendrait très limité.