Dès le lancement de Phénix, les problèmes ont commencé. L'AFPC  a tout de suite demandé au nouveau gouvernement libéral de corriger le tir.

Un triste premier anniversaire

Les fonctionnaires célèbrent, ce vendredi, un bien triste anniversaire. Il y a un an, le gouvernement libéral déployait le système Phénix, une nouvelle plateforme pour l'administration de la paye dans la fonction publique fédérale.
Depuis, des milliers de fonctionnaires ont été trop payés, sous-payés, voire privés de salaire. Imaginez le stress et les difficultés financières que cela a occasionnés. Et comme le fiasco Phénix n'est toujours pas réglé, bien des fonctionnaires se demandent, encore aujourd'hui, s'ils n'en seront pas les prochaines victimes.
L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), le plus important syndicat de fonctionnaires fédéraux au pays, collabore avec le gouvernement à régler les problèmes causés par Phénix afin d'en atténuer les répercussions sur ses membres. 
Le syndicat a dû se rendre à l'évidence : il faut affecter plus de personnel et le former convenablement pour que les agences et les ministères fédéraux puissent reprendre le dessus.
Si les agences et les ministères n'ont pas les ressources suffisantes, Phénix ne sera jamais arrangé. C'est pourquoi l'AFPC recommande que le budget fédéral prévoie un fonds de réserve de 75 millions $. Cet argent servira à roder le nouveau système d'administration de la paye et à saisir les données correctement. Ainsi, les fonctionnaires toucheront leur salaire à temps.
L'AFPC continuera à travailler avec le gouvernement pour trouver des solutions, mais le syndicat s'attend à ce qu'il assume ses responsabilités et fasse en sorte que de telles bévues ne se reproduisent plus jamais.
Quand les conservateurs de Stephen Harper ont proposé d'adopter Phénix et de se débarrasser de centaines de conseillers en rémunération chevronnés, nous n'étions pas d'accord. Nous leur avons dit qu'il y aurait de graves conséquences. 
Dès le lancement de Phénix, les problèmes ont commencé. L'AFPC a tout de suite demandé au nouveau gouvernement libéral de corriger le tir avant de continuer le déploiement. Malheureusement, il a fait la sourde oreille.
Le fiasco Phénix n'est pas le fruit du hasard, mais plutôt de décisions prises délibérément par les gouvernements conservateur et libéral.
Voilà que le gouvernement libéral songe à adopter un nouveau système de gestion des ressources humaines dans le cadre de son projet de modernisation de la fonction publique. Nous espérons qu'il aura tiré des leçons du fiasco Phénix et qu'il écoutera ceux qui font le travail et les syndicats qui les représentent.
L'auteure, Robyn Benson, est présidente nationale de l'Allliance de la fonction publique du Canada