Sans la vérité, la réconciliation n’est pas possible. Et sans une véritable réconciliation avec les peuples autochtones, nos valeurs fondamentales tel que le droit à l’égalité ne seront que des illusions.

Un travail à recommencer

OPINION / Récemment, j’ai vu un reportage selon lequel, le ministre de l’Éducation a refusé d’enlever des livres d’histoire des classes d’écoles secondaires du Québec malgré des critiques qu’ils ne reflètent pas notre vraie histoire.

C’est dans ce contexte que mon enfant est revenue récemment à la maison avec son livre d’histoire et de géographie de 3e année, Panache. Le contenu m’a choquée.

J’avais suivi le débat au sujet des textes d’histoire au secondaire et j’avais compris d’un article dans Le Droit du 17 septembre dernier que les termes tels qu’« Amérindiens » n’allaient plus être utilisés. Imaginez ma surprise de voir ce texte, publié en 2017, utiliser des termes erronés comme «Indien» et «Amérindien,» et parler de la colonisation sans vraiment mentionner les expériences traumatisantes vécues par les personnes autochtones. Panache raconte des demi-vérités. Par exemple, la conversion à la religion chrétienne est présentée comme un choix libre, sans mention des cérémonies autochtones bannies ou du fait que des milliers d’enfants étaient arrachés de leurs familles et forcés à vivre dans des pensionnats administrés par des religieux. C’est vraiment un exemple de l’histoire écrite par et pour les vainqueurs.

Un enfant autochtone qui voit ce livre voit l’expérience de sa famille et de ces ancêtres niés. Un enfant non-autochtone qui voit ce livre ne comprend pas l’histoire du Québec, ni les raisons pour les divers défis auxquels font face les communautés autochtones de nos jours.

Qu’est-ce qui se passe dans nos écoles et institutions publiques? Mes enfants ont déjà joué à fuir « les méchants Indiens » dans les cours de natation de la ville. Ils sont aussi revenus du CPE habillés de façon stéréotypique comme des « Indiens ». Quand est-ce qu’on va apprendre à nos enfants à traiter les personnes autochtones avec respect? Cela commence avec une représentation équilibrée de l’histoire dans nos écoles.

En 2015, la Commission de vérité et réconciliation a lancé 94 appels à l’action après une étude détaillée de l’histoire des pensionnats au Canada. L’éducation pour la réconciliation y figure comme une priorité pour promouvoir le renforcement de la compréhension interculturelle, de l’empathie et du respect mutuel.

Panache fait l’opposé, en omettant les dommages causés, souvent de façon intentionnelle, aux personnes autochtones par les Européens. Sans la vérité, la réconciliation n’est pas possible. Et sans une véritable réconciliation avec les peuples autochtones, nos valeurs fondamentales tel que le droit à l’égalité ne seront que des illusions.

L'auteure Julia Nicol est membre fondatrice de Parents pour la diversité.