Un printemps coronaviré!

Même si le printemps est officiellement arrivé sur le calendrier le jeudi 19 mars à 23 h 50, l’hiver canadien est loin d’avoir dit son dernier mot, comme chaque année à pareille époque d’ailleurs.

La dernière fin de semaine très agréable nous a gratifiés de magnifiques rayons de soleil qui nous ont réchauffé le cœur et surtout le moral, car ils entretiennent l’espoir d’un printemps réel plus hâtif.

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, puisque le printemps nous donne le goût de sortir alors que le coronavirus nous impose de rester à la maison pour éviter sa propagation communautaire à grande échelle.

Mais comment empêcher les enfants déjà privés d’école (à leur grand désespoir…) de sortir leurs ballons, leurs vélos et leurs trottinettes et de jouer avec leurs amis dans les rues enfin débarrassées de la neige?

Voilà un autre casse-tête en perspective pour les parents qui ne savent déjà plus comment les occuper à l’intérieur après une semaine de vacances programmées ou forcées, surtout pour ceux qui doivent ou peuvent travailler à distance et donc concilier la surveillance des enfants et leur charge de travail quotidienne.

Samedi après-midi, j’ai probablement (sauf en cas d’une tempête de neige habituelle début avril) fait ma dernière sortie en raquette (sur un sol gelé et donc glissant et dangereux par endroits, après la pluie abondante de la veille) et dimanche après-midi ma première sortie en vélo (seulement une dizaine de kilomètres car, malgré le soleil de nouveau étincelant, mon visage ressentait la piqûre du vent glacial et cinglant qui s’infiltrait sous mon casque aéré mais non chauffé!). Il gelait encore et c’est bien la preuve que l’hiver est loin de nous avoir lâchés. Aussi collant qu’un virus…

Pour en revenir à notre satané virus, qui cause des maux de tête à nos dirigeants, nos autorités médicales, nos intervenants en première ligne (un beau coup de chapeau en passant!), nos économistes, et aussi aux enseignants, aux parents et même aux étudiants de tous âges, il est en train de chambouler nos habitudes et de nous faire réfléchir sur nos priorités dans la vie, alors que les bourses s’effondrent et que tous les citoyens sont victimes de ses effets primaires (surtout dans les lieux les plus à risque et les hôpitaux et cliniques spéciales) et secondaires (notamment par le chômage, les fermetures d’écoles, d’entreprises et de lieux publics, d’aéroports et même de frontières, le ralentissement de l’économie, les déficits budgétaires, les pénuries de produits actuelles ou futures, les visites interdites à nos aînés, les restrictions de toutes sortes, etc.).

Alors, que faire pour que cette pandémie ne ruine pas notre société et ne laisse pas de traces indélébiles dans nos populations qui se retrouvent prises en otage malgré elles par ce fléau aussi soudain qu’inattendu?

Le SRAS, le MERS, le VIH, Ebola et d’autres épidémies ou pandémies passées nous avaient pourtant déjà mis la puce à l’oreille et fait réfléchir sur la futilité de nos biens matériels et la fragilité de nos vies terrestres. Et même si nous sommes habitués à voir les diverses souches de grippe tuer chaque année des dizaines et même des centaines de milliers de personnes, le taux de transmission quasiment exponentiel du présent virus nous désarçonne et nous laisse impuissants face à ce fléau rampant comme un serpent visqueux qui nous glisse entre les doigts.

Il faut nous serrer les coudes, faire confiance à nos gouvernements et surtout à nos ressources médicales et sanitaires, les aider en écoutant les consignes et les mesures préventives et curatives, nous résigner à respecter la distanciation sociale si nous voulons retrouver nos cercles d’amis et nos familles au grand complet après le recul du virus. Alors soyons patients, civilisés et prudents. L’avenir de nos sociétés et de nos enfants est à ce prix!

N’oublions pas non plus que nos espoirs reposent sur des centaines ou des milliers de chercheurs qui planchent sur la découverte d’un remède ou d’un vaccin efficace. Alors, pour vous faire sourire malgré les circonstances difficiles, permettez-moi de paraphraser un trait d’humour lu récemment : Si les écoles devaient rester fermées encore longtemps, parions que des parents vont essayer de trouver un vaccin plus rapidement que les scientifiques !

Je termine en redisant mon espoir de voir ce virus battre en retraite et engendrer l’avènement d’une nouvelle société moins égoïste et donc plus fraternelle. Les nombreux exemples quotidiens de générosité et d’entraide en sont la parfaite illustration symbolique.

Vive l’arrivée du vrai printemps dans la vie et dans les cœurs de nos concitoyens!

Jean-Luc Malherbe, Ottawa