Selon l'auteur, les coupures en éducation auront un impact direct sur la réussite des élèves.

Un impact direct sur la réussite des élèves

OPINION / Le gouvernement Ford prévoit des coupures en éducation qui auront un impact direct sur la réussite des élèves. Toutefois, j’écris aujourd’hui de la perspective qui m’est la plus chère : celle de parent.

J’ai deux enfants qui sont présentement en 6e année et en 5e année. Mes deux enfants sont atteints d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDA/H). 

Ce diagnostic engendre des difficultés importantes au niveau de l’attention, la concentration, l’attention au détail, la planification et au niveau de tout ce qui entre dans les fonctions exécutives. 

Donc, des adaptations sont nécessaires afin d’assurer leur réussite compte tenu d’une difficulté qu’ils n’ont pas demandée.

Mon inquiétude primaire sera toujours leur bien-être et leur réussite. 

Ainsi, les discussions du gouvernement me préoccupent beaucoup. 

Que feront mes enfants dans un groupe classe plus nombreux ? 

Qu’en sera-t-il de leur attention et de leur concentration, déjà si fragiles ?

De plus, que pourront faire leurs enseignants concrètement en classe en termes d’adaptations (lire pour eux la question, faire le scribe...) avec plus d’élèves ? 

Je connais, en tant qu’enseignante, les réponses à ces questions ; rien. 

Les enseignants seront épuisés et surmenés et ce sont mes enfants, et tous ceux qui ont des difficultés, qui en souffriront. 

Ce n’est pas par manque de bienveillance ou de vouloir que ces enfants glisseront dans les craques. 

Ce sera par manque de temps. 

Ils n’auront pas assez de temps à dévouer aux élèves qui en auraient le plus besoin et, en tant que parent, cela m’inquiète, oui, mais, surtout, me répugne.

Les enseignants sont souvent des cibles faciles ; les gens ne voient que les vacances. 

Ils ne voient pas les heures d’acharnement à monter des cours qui sauront intéresser les élèves, les heures passées à planifier des activités interactives qui engageront les enfants devant eux, la différenciation si consciencieusement planifiée afin d’assurer la réussite de tous, surtout ceux en difficulté.

Plusieurs diront qu’un ou deux élèves de plus ne feront pas la différence. Et vous, comme parent, lorsque vous avez eu votre deuxième, ou troisième enfant ? 

N’avez-vous pas remarqué une différence ? 

Pour ma part, quand je suis passé d’un enfant à deux, la charge de travail n’a pas doublé ; elle a augmenté de façon exponentielle. 

Il en va de même en salle de classe. La différence entre un ou deux élèves de plus peut faire la différence entre avoir le temps de savoir et revoir des notions, avoir du temps un à un, ou pas. 

En imposant ces mesures, le gouvernement met la réussite de nos élèves, voire de mes enfants, à risque.

Les conseils scolaires promettent que « les élèves sont leur priorité ». 

Toutefois, si les conditions de travail des enseignants, qui sont eux dans les tranchées à tous les jours avec les élèves, dépérissent et qu’ils souffrent d’épuisement, en raison des coupures ministérielles, ce sont ces chers élèves qui en paieront le prix. 

En tant que maman, cela m’inquiète et m’attriste profondément. 

Dans de telles circonstances, comment les enseignants pourront-ils aider mes enfants et tous les autres enfants qui fréquentent nos écoles, à remplir leur mission ? 

Qui aidera nos enfants à bâtir un monde meilleur ? J’attends une réponse !

Ce texte a été écrit par Danielle Richer, enseignante à l'école Franco-Cité à Ottawa.