Les parents ne veulent pas que l’on impose un cours de « carriérisme » sexuel comme étant de l’éducation à l’amour et à la sexualité humaine.

Un cours d’éducation sexuelle qui ne résoudra rien

Le docteur Réjean Thomas a rappelé la montée fulgurante des maladies transmissibles sexuellement lors d’une entrevue à l’émission Les Francs-tireurs, sur les ondes de Télé-Québec, le 1er novembre dernier. À son avis, cela est dû en grande partie à l’absence de cours d’éducation sexuelle dans nos écoles. Et ce dernier d’ajouter que ce qui le choquait le plus, c’était l’opposition de groupes de parents à la mise en place de ce cours.

Également, avec les scandales sexuels rapportés dans les médias ces dernières semaines, plusieurs ont évoqué l’importance de ce cours comme panacée miracle, que le ministère de l’Éducation aimerait imposer à toutes les écoles du Québec, de la première année du primaire au 5e secondaire.

Je doute que le Dr Thomas connaisse quelques-unes des raisons pour lesquelles les parents s’opposent à ce cours. Les parents ne s’opposent pas à l’éducation sexuelle en soi. Au contraire. Mais ils ne veulent pas que l’on impose un cours de « carriérisme » sexuel (comme le dénommait une sexologue avec fierté) comme étant de l’éducation à l’amour et à la sexualité humaine.

Dans la mouture actuelle, on ne trouve aucune référence à la fidélité et à la responsabilité nécessaire pour former un couple et fonder une famille. Or, l’un des rêves les plus importants des enfants partout à travers le monde, c’est d’avoir une famille. On ne trouvera aucun outil préparant à l’établissement d’une famille durable dans ce cours. Parce que la capacité pour un amour mature, responsable, permettant de respecter la personne de l’autre, de s’engager dans un amour véritable et fidèle, demande une préparation du cœur et de l’intelligence totalement absente de ce cours incitant à de multiples expériences sexuelles.

Certains avanceront que nos jeunes vivent déjà une carrière sexuelle, ce qui est plutôt faux, la majeure partie des jeunes n’ayant pas eu de relations sexuelles avant le cégep.

Enfin, nous sommes choqués de voir que l’on ne respecte pas la responsabilité première des parents qui, mieux que quiconque, connaissent et aiment leurs enfants, et seront sensibles au rythme de chacun de leurs enfants dans leur éveil à l’amour et à la sexualité. Un cours donné sans aucune attention à ce rythme de l’enfant est une forme d’agression sexuelle et psychologique.

Si l’on juge que les parents n’ont pas toutes les connaissances nécessaires pour bien outiller leurs enfants, ceux-ci peuvent acquérir les notions qui correspondent à leurs valeurs, qu’ils dispenseront à chacun de leurs enfants, dans le respect de leur développement et de leur enfance, de leur curiosité. Laissons les enfants être des enfants!

Mais nous ne voyons rien dans le cours actuel qui permet d’affirmer que l’on apportera ici une éducation à l’amour et à la sexualité. Apprendre à coucher en se protégeant et en ayant au moins le consentement de l’autre est très loin d’une éducation à l’amour véritable et à une sexualité fondée sur le respect et la responsabilité.

Une « carrière sexuelle » pour nos enfants? Ce n’est pas leur rêve, ni le nôtre pour eux. Nous avons trop souffert de nos échecs familiaux pour leur souhaiter de vivre eux aussi la souffrance des familles divisées et des pertes affectives énormes qui en résultent. Parce que nous les aimons, forts de notre expérience de familles brisées, mais aussi de familles qui sont restées unies pour la vie, donnons à nos enfants ce qu’il y a de meilleur et croyons aussi à leur rêve d’une famille unie, pour la vie. Pour qu’ils aillent jusqu’au bout de leur rêve, soutenons-les.

L'auteur est Jean-Léon Laffitte, Président de l'Association des parents catholiques du Québec.