Un internaute a proposé sur une page Facebook d'envoyer des dons de 10 sous au ministre de l'Éducation pour la création de l'Université de l'Ontario français.

Un 10 sous pour l’Université de l’Ontario français

OPINION / En 1973, quand j’ai fait mon entrée à l’école secondaire, dans ma petite ville natale de Rockland dans l’Est ontarien, le Rockland High School venait de se transformer en École secondaire de Rockland (ESR) grâce à la charte qui lui avait été accordée l’année précédente. Nous en étions très fiers, bien que nous ne sachions pas vraiment pourquoi c’était important.

Rapidement, nous avons appris que d’autres élèves francophones, ailleurs en Ontario, se battaient pour obtenir, eux aussi, des écoles de langue française. 

Je me souviens que les enseignants nous ont réunis, un jour, dans le gymnase pour que nous écrivions au ministre de l’Éducation ou à notre député, pour faire un don de 10 sous pour qu’une école de langue française voit le jour en Ontario. Il y a quelques jours, quelqu’un a proposé sur une page Facebook que nous envoyions des dons de 10 sous pour la création de l’Université de l’Ontario français. Ce projet qui me semble aussi légitime que celui de 1974 ou 1975, j’oublie la date exacte, me ramène toutefois en arrière. 

Quarante-cinq ans plus tard, nous en sommes au même point : à se battre pour le maintien de nos droits, de notre Commissariat aux services en français âprement gagné, pour avoir une université de langue française, gérée en français par des francophones, pour être reconnus comme des citoyens à part entière avec des droits. Quarante-cinq ans de luttes et d’espoir. 

Je continue à croire que nous, les Franco-Ontariens, avons toujours notre place dans notre province. Je continue d’espérer que les politiciens iront au-delà des positions partisanes, de la course aux votes et des droits reconnus du bout des lèvres pour œuvrer pleinement à une société juste et équitable pour tous. Je persiste à penser que francophones, anglophones, premières nations et nouveaux arrivants peuvent vivre en harmonie chez nous. 

Je m’entête à croire que cela arrivera avant ma mort.

L'auteure est Lucie Hotte, Chaire de recherche sur les cultures et les littératures francophones du Canada à l'Université d’Ottawa.