PHOTO MARTIN ROY Le Droit Emile Taman candidate NPD Ottawa Vanier

Trudeau sacrifie notre souveraineté avec C-23

Le 8 novembre 2016, tout a changé. Donald Trump a été élu président des États-Unis et plusieurs de nos pires craintes sont devenues réalité.
Par contre, plusieurs Canadiens ne savent pas que notre gouvernement s'apprête à donner des pouvoirs étendus à l'administration américaine lui permettant de détenir des Canadiens ici, en sol canadien. Et ceci devrait nous inquiéter. Depuis qu'il est aux commandes, Donald Trump a mis de l'avant des politiques racistes, a attaqué la presse et a suscité la controverse chaque fois qu'il le pouvait.
Pour des raisons diplomatiques, le premier ministre Justin Trudeau a gardé le silence. Selon lui, le Canada n'est pas la cible de Trump. Sauf que ses politiques ont un impact ici.
Des Canadiens se voient refuser l'entrée aux États-Unis parce qu'ils se rendaient à la marche des femmes, parce qu'ils sont homosexuels ou parce qu'ils ont des racines du Moyen-Orient. Des réfugiés quittent les États-Unis vers le Canada à une fréquence alarmante et risquent leur vie pour traverser illégalement au Canada.
Bien que l'approche diplomatique du Canada mérite d'être débattue, je suis certaine que personne d'entre nous n'appuierait une loi qui donnerait aux agents américains des pouvoirs en sol canadien.
En juin dernier, les libéraux ont déposé C-23, La Loi relative au précontrôle de personnes et de biens au Canada et aux États-Unis.
Pour le ministre de la Sécurité publique, C-23 était une occasion de faciliter les déplacements et d'augmenter les échanges commerciaux avec les États-Unis.
Mais les pouvoirs conférés par C-23 sont particulièrement inquiétants. Sous cette loi, les agents frontaliers américains pourront détenir, questionner, saisir les biens et faire des fouilles à nu de citoyens canadiens en sol canadien. Qu'ils soient musulmans, homosexuels, ou autres, personne ne sera à l'abri.
En somme, C-23 nous retire nos propres droits.
Présentement, si un Canadien veut quitter une zone de précontrôle, il peut le faire. Il est en territoire canadien. Mais si C-23 est adopté, tout ça va changer.
Sous C-23, une fois que vous êtes détenu par un agent américain, vous ne pourrez plus quitter la zone. C'est eux qui décideront si vous pouvez partir ou non. Et si vous essayez de quitter la zone de précontrôle avant de rencontrer un agent, vous aurez à justifier votre décision. Autrement dit, sous C-23, les agents de Trump pourront détenir toutes les personnes qu'ils veulent.
Et tout cela sera fait en toute impunité. Si les agents américains abusent de leurs pouvoirs, C-23 les protège contre toutes poursuites.
Donner l'autorité au président Trump d'enfermer des Canadiens est quelque chose que le gouvernement Harper aurait été capable de faire. Mais je crois qu'aucun d'entre nous ne croyait que Justin Trudeau ferait quelque chose de semblable. 
C-23 n'est pas encore adopté, mais si nous ne nous y opposons pas, il le sera.
Emilie Taman, candidate NPD dans Ottawa-Vanier