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«Des centaines d’infirmières ont quitté leurs postes au Québec et en Ontario, exténuées en raison de leurs conditions de travail extrêmes. Pourtant, de nombreux immigrants professionnels de la santé qualifiés (médecins, spécialistes, infirmiers, intervenants sociaux et communautaires, pharmaciens, autres) ne travaillent pas», écrit Annik Chalifour de Toronto.
«Des centaines d’infirmières ont quitté leurs postes au Québec et en Ontario, exténuées en raison de leurs conditions de travail extrêmes. Pourtant, de nombreux immigrants professionnels de la santé qualifiés (médecins, spécialistes, infirmiers, intervenants sociaux et communautaires, pharmaciens, autres) ne travaillent pas», écrit Annik Chalifour de Toronto.

Troisième vague: éviter une autre pénurie de personnel médical dans six mois

Annik Chalifour
Annik Chalifour
Toronto
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POINT DE VUE / La campagne de vaccination ne suffit pas. Avant la pandémie, l’Association des infirmières et infirmiers du Canada avait prédit que le Canada connaîtrait une pénurie de 60 000 infirmières d’ici 2022. Nous y voilà rendus, en plein cœur d’un contexte sanitaire très incertain!

Des centaines d’infirmières ont quitté leurs postes au Québec et en Ontario, exténuées en raison de leurs conditions de travail extrêmes. Pourtant, de nombreux immigrants professionnels de la santé qualifiés (médecins, spécialistes, infirmiers, intervenants sociaux et communautaires, pharmaciens, autres) ne travaillent pas.

Selon l’Agence de promotion et de recrutement (Santé Ontario), 13 000 médecins et 6000 infirmières formés à l’étranger en Ontario n’exercent pas leur profession. Toutefois, certains médecins formés à l’étranger (en Ontario) peuvent obtenir une licence médicale supervisée de 30 jours pour aider à lutter contre la COVID-19.

Inclure les immigrants

Néanmoins, l’immigration fait partie depuis longtemps de notre stratégie pour remplir les rôles des travailleurs de la santé essentiels. Notre système de santé dépend fortement des immigrants. Bien que ces professionnels aient fait leurs preuves pendant plusieurs années dans d’autres pays au service de l’humanité, ils peinent à pouvoir exercer leur profession ici. Tandis que nous observons une pénurie de ressources humaines dans nos hôpitaux surchargés (particulièrement en Ontario ces jours-ci) et que notre population paie un lourd tribut à la crise sanitaire.

On doit, sans attendre, accélérer les processus de reconnaissance des diplômes des professionnels de la santé formés à l’étranger et d’obtention de leur résidence permanente. Assouplir les règles des associations professionnelles afin de permettre aux travailleurs de la santé nouveaux immigrants d’assumer les rôles essentiels de sauver des vies.

On doit actualiser la dotation de notre personnel soignant afin de garantir la cohérence et la pérennité de notre système de santé. Pourquoi pas, entre autres, par l’inclusion des nouveaux immigrants professionnels de la santé?

Surtout ne pas revivre une pénurie de notre personnel médical exténué dans six mois. Car la COVID et ses variants resteront probablement parmi nous un certain temps. Quelque 35 vols sont récemment arrivés au Canada en provenance de l’Inde où la pandémie fait rage en raison d’un tout nouveau variant inquiétant.

Miser sur notre expertise

Au printemps 2020, on a fait appel à l’armée pour gérer la crise frappant nos centres de soins de longue durée. Pourtant, plusieurs de nos organisations non gouvernementales détiennent l’expérience en gestion de situations d’urgence santé. Citons Médecins sans frontières-Canada (MSF) et la Croix-Rouge canadienne. À la suite de l’intervention de l’armée lors de la première vague, on a finalement sollicité la Croix-Rouge canadienne. Laquelle apporte actuellement son aide humanitaire auprès de nos hôpitaux.

Rappelons que MSF jouit d’une expertise démontrée dans la gestion de diverses épidémies (ebola, choléra, diphtérie, malaria) se déroulant souvent au sein de contextes d’urgences chroniques. MSF recrute constamment une vaste gamme de professionnels de la santé qualifiés afin d’appuyer ses missions médicales partout dans le monde, alors que nous en avons crucialement besoin ici, maintenant, pour contrer la COVID.

En 2020, MSF-Canada a apporté son soutien à la lutte anti-COVID, notamment auprès des sans-abri à Toronto et de communautés autochtones dans l’ouest du pays. Bien sûr, les besoins sont plus criants ailleurs (Afrique, Asie, Amérique latine, Caraïbes, Moyen-Orient). Cependant, ne pourrait-on pas envisager de négocier un certain volet d’aide médicale d’urgence à long terme, selon nos besoins locaux et régionaux, avec MSF-Canada?

Aujourd’hui, chez nous, maintenant, il s’agit de combler une foudroyante pénurie de personnel aux soins intensifs. Éviter le délestage, maintenir les soins essentiels: victimes du cancer, maladies chroniques, accidents graves, patients en attente de chirurgie, aînés, groupes marginalisés, personnes vivant avec un handicap et beaucoup plus.

On doit réfléchir autrement, adapter notre système de dotation du personnel de santé en fonction d’une crise durable. La campagne de vaccination ne suffit pas.