À Gatineau, le taux d’inoccupation des logements locatifs est passé de 6,3 % à 3,8 % entre 2016 et 2017.

Taux d’inoccupation des logements à Gatineau: recul à 3,8 %

Les données contenues dans le Rapport sur le marché locatif, publié le 28 novembre par la Société canadienne d’hypothèques et de logement, devraient convaincre les gouvernements de Québec et d’Ottawa d’accélérer les investissements dans les logements sociaux.

La baisse des taux d’inoccupation des logements locatifs, à Gatineau comme ailleurs au Québec, lance un signal clair sur l’urgence de mieux répondre aux besoins et de débloquer rapidement de nouveaux budgets pour assurer la bonification du programme AccèsLogis, le seul programme au Québec qui permet la réalisation de nouveaux logements sociaux.

Le rapport indique que le taux d’inoccupation a diminué de 1 % au Québec. 

La baisse est importante à Gatineau où le taux d’inoccupation est passé de 6,3 % à 3,8 % entre 2016 et 2017. 

Pour les logements de 3 chambres à coucher et plus, le taux est maintenant à 2,4 %, en-deçà du point d’équilibre situé à 3 %. Pour les familles démunies qui ont plusieurs enfants, cela est particulièrement inquiétant. 

Pour une région ciblée comme région d’accueil pour les nouveaux arrivants par les autorités gouvernementales, cela est encore plus préoccupant puisqu’une très grande proportion de ces ménages ont plusieurs enfants et n’ont pas les ressources financières pour se loger de façon convenable. En fait, ce marché n’est pas en mesure de répondre adéquatement aux besoins de ces familles nombreuses. Selon le recensement de 2016, le nombre de ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger s’élève maintenant à 479 775 au Québec. Parmi ceux-ci, 58 000 sont dans une situation extrême, puisqu’ils consacrent plus de 100% de leur revenu pour le loyer. Les besoins de logements décents et véritablement abordables sont urgents.

Malgré cela, le gouvernement du Québec ne prévoit en 2017 que 3000 nouveaux logements sociaux pour l’ensemble du Québec dans le programme AccèsLogis, mais sans même y mettre toutes les sommes requises pour permettre la réalisation de nouveaux projets. Les coûts de construction n’ont pas été indexés depuis 2009 et des mesures complémentaires pour la décontamination des sols ou pour s’ajuster aux réalités des régions éloignées ont été coupées. Résultat : l’an dernier, moins de 1742 logements sociaux ont été construits au Québec.

La mise à jour économique présentée à la mi-novembre ne contenait aucune annonce de nouveaux investissements pour AccèsLogis, malgré plusieurs promesses faites en ce sens et des surplus record de 4,4 milliards $. Il est honteux que le gouvernement Couillard choisisse plutôt d’annoncer des baisses d’impôts rétroactives, qui permettront notamment aux plus riches de contribuer encore moins aux finances publiques. Pour ce qui est du gouvernement Trudeau, celui-ci ne devrait pas attendre à 2020 pour mettre en place sa nouvelle Stratégie nationale sur le logement. Au Québec, les sommes promises par cette nouvelle Stratégie fédérale devraient également être investies dans AccèsLogis, un programme qui a fait ses preuves dans le passé et qui mérite d’être bonifié.

Bref, si les gouvernements du Québec et d’Ottawa ont réellement la volonté de s’attaquer aux problèmes des mal-logés et d’assurer le droit au logement, ils doivent réinvestir rapidement dans le logement social dès les prochains budgets.

L'auteur est François Roy, Coordonateur pour Logemen'occupe.