Le centre-ville compte plusieurs artères commerciales aux prises avec des enjeux communs, mais aussi propres à chacune.

Succès et défis au centre-ville

L’année 2017 aura été faste pour le centre-ville de Gatineau en matière de retombées touristiques et de notoriété. Les efforts déployés au cours des dernières années par une panoplie d’acteurs motivés ont finalement porté leurs fruits.

C’est la synergie de tous les intervenants du milieu qui aura permis de marquer le coup et de faire du centre-ville de Gatineau une véritable destination. L’apport de la Ville de Gatineau, de Tourisme Outaouais, de Vision centre-ville et l’impressionnante programmation d’événements, de festivals et d’activités de grande et plus petite envergure, sans oublier l’apport du secteur privé à l’offre culturelle et événementielle, tout cela aura permis de créer un calendrier riche et varié qui s’est traduit par le succès des Mosaïcultures, du sentier culturel, du Cirque du Soleil, d’Agwàtà et de dizaines d’autres activités. Tout cela nous permet de croire qu’il nous sera possible de construire sur des fondations solides pour 2018 et les années subséquentes.

Les défis de la revitalisation demeurent cependant nombreux. Le centre-ville compte plusieurs artères commerciales aux prises avec des enjeux communs, mais aussi propres à chacune : 

  • le pôle ludique Laval-Aubry-Kent sera toujours en chantier ; 
  • le boulevard St-Joseph, dont la première phase des importants travaux de réfection qui s’échelonneront sur 2,9 km, entre les boulevards Alexandre-Taché et St-Raymond, devrait commencer en 2018 ; 
  • la promenade du Portage, qui s’est réjoui de l’installation de nouveaux commerces de proximité tout en encaissant la fermeture de Pecco’s, une institution du cœur de l’île ; 
  • le pôle Montcalm, sur une lancée qu’il nous faudra soutenir ; 
  • la rue Eddy, qui est elle aussi, en dépit de la qualité et de l’unicité de plusieurs de ses commerces, aux prises avec une rupture dans la continuité commerciale.

Bref, les défis du centre-ville sont nombreux et les solutions à préconiser sont multiples et intimement liées les unes aux autres. 

La question du transfert de la circulation des autobus de Portage vers Laurier, l’enjeu du stationnement sur rue doté d’une technologie de pointe, la conversion de parcs de stationnement de surfaces en projets immobiliers pour atteindre les objectifs de densification du Plan particulier d’urbanisme (PPU), l’arrivée d’une épicerie, etc. Voilà les tâches auxquelles nous nous attelons quotidiennement comme milieu, avec nos membres et nos partenaires.

Les projets immobiliers des récentes années, en cours de réalisation ou à venir portent avec eux un vent de changement : le VIU (Heafey), le W/E (Dubé-Heafey), Les Lofts du Ruisseau (Boless), le VIBE (Boulet), ZIBI (Windmill) et tous les projets à venir (le VIU 2, les ateliers-résidence de Boless sur la rue Morin, le W/E District), qui laissent présager que l’objectif de ramener 10 000 résidents au centre-ville sera atteint sur un horizon d’une dizaine d’années. Et c’est sans compter le nouvel édifice de Brookfield, les immeubles de Multivesco et de Broccolini et le projet de réfection des Terrasses de la Chaudière.

Ce qui nous motive et nous permet de cultiver notre optimisme, c’est que nous sommes à même de mesurer les avancées sans pour autant perdre de vue tout ce qu’il reste à faire. Les partenariats au centre-ville sont aujourd’hui plus que jamais ancrés dans une réalité qui tient compte des forces de chacun, ce qui nous permet de nous projeter dans le temps et d’établir des conditions de réalisation propices à l’atteinte de nos objectifs.

La hausse de la fréquentation du centre-ville dans un contexte encore bien imparfait indique que l’idée d’en faire une porte d’entrée accueillante sur l’ensemble des secteurs de la Ville de Gatineau et de la région a fait son chemin. Les restaurateurs, les commerçants, les entreprises de service et les promoteurs immobiliers y croient et s’emploient à redorer l’image d’un centre-ville laissé pour compte pendant des décennies alors que les compensations tenant lieu de taxes, qui entraient pourtant à coups de millions en provenance des édifices gouvernementaux du centre-ville, n’y étaient pas réinvesties massivement.

Il y aura toujours des gens pour critiquer telle ou telle initiative ou la lenteur des changements en cours. C’est plutôt avec ceux et celles qui prêchent par l’exemple que nous souhaitons travailler. Avec ceux et celles qui sont prêts à convertir leurs critiques en idées et à retrousser leurs manches. Et ils sont légion à être au rendez-vous, chaque matin, pour donner vie à un milieu dont ils reconnaissent le potentiel de mise en valeur.

C’est ce que je nous souhaite, pour 2018 : un esprit de corps qui nous permettra de travailler en serrant les coudes pour un développement harmonieux du cœur de Gatineau.

L'auteur du texte est Stefan Psenak, directeur général de Vision centre-ville.