Selon plusieurs spécialistes, «la solution à l’itinérance n’est pas dans un refuge hors normes, mais dans des logements supervisés répartis dans différents quartiers de la ville. Aux États-Unis, comme en d’autres endroits, les gros refuges de l’Armée du Salut ont été des échecs».

SOS Vanier ou un coup de coeur pour les sans-abri

OPINION / Pour la francophonie, il y a eu le jeudi noir du 15 novembre 2018. Pour Vanier et les itinérants, il y a d’abord eu le jeudi noir du 22 juin 2017 alors que frappait comme une bombe l’annonce désastreuse du projet de l’Armée du Salut.

Vanier continue de militer en faveur de ses résidents et des sans-abri. Les spécialistes le redisent, l’expérience le prouve : la solution à l’itinérance n’est pas dans un refuge hors normes, mais dans des logements supervisés répartis dans différents quartiers de la ville. Aux États-Unis, comme en d’autres endroits, les gros refuges de l’Armée du Salut ont été des échecs. Ce modèle est désuet. Nous insistons pour que le maire d’Ottawa Jim Watson et l’Armée du Salut se tournent vers Logement d’abord, Housing First. La dignité et les droits d’une personne sont une priorité. C’est ce que nous défendons.

Devant un incompréhensible entêtement, nous devons recourir aux tribunaux. C’est une honte pour le maire et pour l’Armée du Salut d’obliger un petit quartier peu favorisé comme Vanier à recueillir environ 250 000 $ pour se défendre et pour défendre les itinérants. L’élu d’une ville et un organisme prétendument de charité devraient comprendre que la charité commence par un jugement éclairé et du gros bon sens. 

Depuis deux ans, nous poursuivons la lutte, sans pourtant entrevoir le moindre signe de bonne volonté d’un maire censé traiter chaque quartier avec dignité, équité et respect pour tous. Il reste hautainement assis sur sa position. Incroyable toutefois de voir ce même Watson avec les Bergers de l’Espoir disant qu’il approuve leur projet de logis supervisés. Quel beau projet en effet ! Je l’approuve à 100 % et je m’en réjouis. Sauf que je n’arrive pas à comprendre comment un maire peut être pour Logement d’abord au coin du chemin Lang’s et tourner sa chemise de bord au coin de Sainte-Anne pour favoriser un refuge. Les deux projets sur le chemin de Montréal… On veut que les sans-abri soient aidés, mais de la bonne façon et peut-être pas à 400 sur le chemin de Montréal.

Pour sensibiliser au sort des sans-abri et pour contribuer au fonds SOS Vanier, en ce deuxième anniversaire d’un jeudi noir, une vente aura lieu le 22 juin prochain au 68, Cercle Collège, de 8 h à 15 h. Merci de nous aider dans cette cause juste et humaine. Ensemble nous pouvons !

L'auteure est Colette St-Denis, d'Ottawa.