Nathalie Lemieux a mentionné que «les musulmans ne s'intègrent pas» au Québec.

Se comprendre pour mieux vivre ensemble

OPINION / La récente déclaration de la mairesse suppléante de Gatineau Nathalie Lemieux sur l’islamophobie et les musulmans comportait deux volets, (« il n’y a pas d’islamophobie au Québec » et « les musulmans ne s’intègrent pas ») qui appellent une réaction de notre part.

De multiples gestes et commentaires visant la présence musulmane dans notre société témoignent clairement de l’existence de l’islamophobie au Québec.

Il faut reconnaître que les Québécois sont un peuple accueillant et généreux, mais il faut déplorer chez nous des expressions de méfiance et la diffusion de faussetés au sujet de divers segments de notre société, en particulier les musulmans.

Par ailleurs, Mme Lemieux fait un rapprochement entre des terroristes et les musulmans d’ici, dont elle dit qu’ils ne s’intègrent pas à notre société. Or les quelque 8000 musulmans de Gatineau ne vivent certainement pas dans un ghetto : nous les trouvons dans nos milieux de travail, nos écoles et nos rues. La mosquée tient régulièrement des Journées Portes ouvertes et des activités visant à informer la population sur l’islam.

Le Collectif islamo-chrétien de l’Outaouais a été fondé en 2012 à l’initiative d’un prêtre et d’un imam. Depuis, le Collectif attire des citoyens engagés qui travaillent sans relâche pour créer des ponts de compréhension à Gatineau.

Le Collectif se réunit alternativement à la cathédrale et à la mosquée de Gatineau. Il a organisé de nombreuses activités d’information et a parrainé l’entrée au Canada de deux familles syriennes, une musulmane et une chrétienne. Il a également organisé une sortie dans une cabane à sucre qui a regroupé une centaine de personnes dont une bonne partie étaient des musulmans.

L’existence même du Collectif est un message à notre société. Un véritable vivre-ensemble signifie plus que de vivre côte à côte. Un véritable vivre-ensemble exige que nous nous connaissions, que nous commencions à comprendre la culture, la religion, l’histoire de nos concitoyens et découvrions en même temps tout ce que nous avons en commun avec eux.

Il y a beaucoup de travail à faire dans notre société à cet égard.

Ce texte est signé par le Collectif islamo-chrétien de l’Outaouais.