L'hôpital de Hull

Salles d’opération: le CISSSO dépassé

OPINION / Le groupe Santé Outaouais 2020 a dressé un bilan de 2017 : aujourd’hui, l’enjeu des salles d’opération. Au cours des prochaines semaines : la radio-oncologie, les urgences et les morts évitables.

Le personnel intervenant dans les salles d’opération est composé d’anesthésistes, de chirurgiens et d’infirmières... dont nous soulignons le courage indéfectible. À l’hôpital de Hull, on compte cinq salles. L’ensemble des salles s’appelle un bloc opératoire.

Concernant la fermeture de salles d’opération au bloc de Hull, la situation a commencé à se dégrader en mai 2017 où seulement trois des cinq salles étaient en fonction. Ceci est attribuable au manque d’infirmières qualifiées pour œuvrer dans une salle d’opération ; seulement 13 infirmières sur les 33 requises étaient présentes. Du rarement vu dans un secteur spécialisé, où 60 % du personnel manquait.

La situation était meilleure au bloc de l’hôpital de Gatineau où seulement une demi-salle était fermée, six demeurant en fonction. Toutefois, le climat de travail laissait à désirer. En décembre 2017, une trentaine de spécialistes des deux hôpitaux se sont adressés au conseil d’administration du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) pour lui demander de prendre des mesures pour régler la crise et trouver une solution durable.

Au bloc de Hull, une quatrième salle a été rouverte sur une base régulière en janvier 2018 grâce à l’ajout d’infirmières.

Malgré tout, les spécialistes ont encore des préoccupations. Ils ne savent pas quand la cinquième salle sera rouverte. Selon eux, il faudrait entre six à huit infirmières de plus pour revenir à l’état normal.

Huit infirmières ont commencé leur formation, elle dure six mois. Le fonctionnement à quatre salles fait que la liste d’attente continue de s’allonger.

Pour être plus efficace, il en faudrait sept. Le gouvernement du Québec n’a malheureusement pas donné suite à son engagement de 2016 d’ajouter deux salles pour le CISSSO. Qu’en penser ?

Il en résulte qu’il y a eu près de 900 opérations en moins à Hull en 2017-2018 par rapport à 2016-2017.

Moins 300 en orthopédie. Moins 371 pour les chirurgies de jour. Le report d’opérations peut entraîner des conséquences sérieuses pour les patients, par exemple dans des cas de cancer, de chirurgies orthopédiques ou vasculaires, créant ainsi un grand stress chez les patients.

Les spécialistes indiquent que la crise se préparait depuis deux à trois ans. Pour pallier au manque d’infirmières, les responsables avaient recours de façon continue au temps supplémentaire, à tel point que l’hôpital de Hull a le pire taux de temps supplémentaire de tout le Québec pour son bloc opératoire.

Comment se fait-il que le redressement de la situation nécessite près d’un an, d’autant que des signes avant-coureurs existaient déjà ?

Les spécialistes sont d’avis que le CISSSO est dépassé par le problème et qu’il faudrait un plan d’intervention exceptionnel, appuyé d’une aide ministérielle.

Le CISSSO a mis en place un plan de contingence, dont une des mesures est le recours aux autres hôpitaux de la région (Pontiac, Wakefield, Maniwaki et Buckingham) pour diminuer la pression à Gatineau et Hull. Malheureusement, il n’y a pas eu encore d’entente entre les parties.

Plusieurs chirurgiens s’inquiètent de la présence des ressources nécessaires en cas de complications.

Par ailleurs, on a invité l’équipe chirurgicale du bloc de Gatineau a participé à un comité d’amélioration du fonctionnement du bloc opératoire.

Il est malheureux que les décideurs locaux et provinciaux n’aient pas cherché à résoudre le problème bien avant. Cela aurait sans doute permis d’atténuer grandement ces difficultés.

Cette problématique et ceux persistant dans d’autres secteurs en Outaouais révèlent un fonctionnement par gestion de crise, au lieu d’une vision et d’une planification à plus long terme.

La population de l’Outaouais a droit aux mêmes services de qualité qu’ailleurs au Québec. La récurrence de plusieurs problèmes, laisse croire que ce n’est pas le cas.

Andrew Gibson,

Gilbert Langelier,

Santé Outaouais 2020