Les Franco-Ontariens organisent leur riposte aux coupures du gouvernement Ford.

Riposte et résistance

OPINION / En analysant l’histoire du Canada français dans les années 1960, André Laurendeau offrait sa vision des choses : «Notre histoire avance par bons, d’avancées et de reculs. Elle n’avance pas en ligne droite.»

L’annonce de l’élimination du projet de l’Université de l’Ontario français et du Commissariat aux services en français le confirme : tributaires aux aléas de la majorité, les Franco-Ontariens doivent constamment faire preuve de vigilence. Au détour d’un énoncé économique, un gouvernement peut faire disparaître des outils de leur développement communautaire et collectif et saper du même coup, des miliers d’heures de bénévolat et de dévouement.

Comme quoi que nos acquis ne sont jamais vraiment acquis en Ontario français. Drapeaux en berne.

Regardons la réalité en face : après des années d’avancées, cette annonce est le plus gros recul en francophonie ontarienne depuis les 15 dernières années. Parions morbidement que ce n’est pas le dernier : nous sommes qu’à l’an 1 du gouvernement Ford.

Les Franco-Ontariens ne peuvent pas se permettre de répondre tièdement aux attaques en règles du gouvernement Ford sur leur communauté. D’autres gouvernements conservateurs l’ont déjà essayé par le passé et nous ont trouvé sur leur chemin. Il faudra que ce soit de même cette fois-ci.

Dès maintenant, l’Ontario français — ses élites comme son peuple — doit comprendre qu’il vient, que ça lui plaise ou non, d’entrer en résistance (une fois de plus).

Un formidable effort de concertation de riposte et de résistance doit être formé en Ontario français.

Pourquoi résister? Parce que l’Ontario français ne peut hypothéquer son avenir et son développement en vertu de l’humeur ou de simples calculs comptables arbitraires du gouvernement de l’heure. Les gouvernements sont formés au gré des résultats électoraux cycliques, mais l’Ontario français, s’il veut assurer la formation de sa propre pérénité, doit résister pour sa survie.

Le gouvernement Ford doit comprendre qu’on élimine pas d’un simple coup d’énoncé économique les aspirations légitimes d’un peuple à la complétude institutionnelle.

J’invite les Franco-Ontariens à passer outre mesure l’apathie chronique, à faire preuve de solidarité et à s’impliquer massivement dans leur communauté.

Je conclus avec une citation de Gaétan Gervais : «L’Ontario français, c’est le nom d’un combat.»

L'auteur du texte est Diego Elizondo d'Orléans.