En 2017, sur un vote divisé, le conseil municipal a demandé par résolution au bureau de la Vérificatrice générale de Gatineau de s’immiscer dans la gestion du Bureau de l’ombudsman pour en évaluer la conformité.

Qui protègera les Gatinois ?

OPINION / En 2006, nos prédécesseurs au conseil municipal de Gatineau avaient voté une résolution qui créait le Bureau de l’ombudsman de Gatineau. Dans sa sagesse, le conseil de l’époque avait voulu donner à l’ombudsman la liberté et l’indépendance nécessaire pour s’assurer que les citoyens de Gatineau étaient servis par leur administration municipale de la manière la plus efficace possible. Cette résolution avait été votée à l’unanimité.

Le but du Bureau de l’ombudsman est d’intervenir ou d’enquêter sur toute affaire concernant une décision, recommandation, acte ou omission de la Ville dans un dossier concernant un citoyen ou un groupe de citoyens. C’est un peu le chien de garde des droits et libertés de ceux qui n’ont pas de voix, rien de moins.

Le Bureau de l’ombudsman a déposé son rapport de 2016 en 2017. Certains termes du rapport avaient à ce point déplu au maire de Gatineau, que le dépôt même du rapport avait dû être retardé. Le Bureau de l’ombudsman est soumis à l’autorité de l’ensemble du conseil municipal et pas seulement à celle du maire et de sa direction générale.

En 2017, sur un vote divisé, le conseil municipal a demandé par résolution au bureau de la Vérificatrice générale de Gatineau de s’immiscer dans la gestion du Bureau de l’ombudsman pour en évaluer la conformité. La présidente du Forum canadien des Ombudsmans a immédiatement réagi à cette attaque de la démocratie en statuant que la résolution « porte atteinte à l’indépendance du Bureau de l’ombudsman et à son devoir de confidentialité ».

À la veille du dépôt de ce rapport d’enquête par la Vérificatrice générale de Gatineau, je souhaite, conformément à mon engagement électoral de novembre dernier, faire valoir haut et fort que le service d’ombudsman soit maintenu, avec un mandat clair de représentation des citoyennes et des citoyens, et en assurer la complète indépendance afin de défendre les droits et les libertés des Gatinois face aux pouvoirs publics.  

Tous les élus et même les institutions publiques sont aux prises comme jamais auparavant avec un profond problème de crédibilité. Comme élue, je me dois d’être sensible à cette réalité et de mettre tous les efforts nécessaires à l’amélioration du sentiment de sécurité qu’éprouvent les citoyens face à leurs représentants. Attaquer ainsi l’indépendance du Bureau de l’ombudsman va directement à l’inverse de la direction dans laquelle nous devons nous diriger.

Peu importe ce que dira le rapport de la Vérificatrice générale de Gatineau, rappelons-nous que le mandat de l’ombudsman est de vous défendre et que pour y arriver, il doit avoir la marge de manœuvre la plus grande possible. De lui imposer politiquement un carcan sera de mettre en péril sa capacité à servir les citoyens.  

Louise Boudrias,

Citoyenne engagée et conseillère municipale de Gatineau