Les revenus autonomes — stationnement, locations de locaux, résidences — sont des revenus qui doivent être inscrits au fonds de fonctionnement.

Quels revenus autonomes à l’UQO?

Récemment, la présidente du conseil d’administration de l’Université du Québec en Outaouais affirmait que la compression de 8 % dans l’offre de cours de l’année universitaire 2018-2019 n’avait rien à voir avec le prélèvement qui sera fait dans le fonds de fonctionnement consacré à l’enseignement et à la recherche pour financer une partie de la construction des blocs sanitaires du terrain de soccer. Elle affirmait que l’UQO disposait de « revenus autonomes ».

Notons tout d’abord que les revenus dits autonomes — stationnement, locations de locaux, résidences — sont des revenus qui doivent être inscrits au fonds de fonctionnement. Dès lors que l’UQO manque de ressources pour sa mission — l’enseignement et le soutien à la recherche —, toute dépense accessoire doit être analysée avec le plus grand soin par les administrateurs. 

Je soumets que ça n’a pas été le cas pour trois raisons :

- La direction de l’UQO a toujours soutenu que les activités autonomes devaient couvrir leurs dépenses sans plus. Il n’y a donc pas lieu de croire que les revenus autonomes engendrent des « profits autonomes »;

- Précisons que la présidente doit vouloir parler de profits générés par les activités autonomes et non pas de revenus autonomes. Aux revenus autonomes, il faut déduire les coûts des activités autonomes. Or, la comptabilité en usage à l’UQO ne permet pas de faire un tel bilan. Seule une comptabilité par activité le permettrait. J’ai forcé le seul débat à se tenir à ce sujet au conseil d’administration en 2009 afin d’évaluer les profits des contrats de location des locaux de l’UQO à l’École nationale d’administration publique et au défunt Collège Nouvelles Frontières. Mes analyses montraient que l’UQO était largement déficitaire et l’analyse du recteur de l’époque montrait que, pour l’ÉNAP, l’UQO faisait à peine 17 500 $ par an avec ces contrats, et ce, en sous-estimant les coûts réels de ces locations. Nous avions dû tous deux faire des estimations et hypothèses vu l’absence de comptabilité par activité.

- J’ai examiné les documents qui ont été soumis aux membres lors du dernier conseil de l’UQO et ils n’ont pas obtenu d’analyses montrant que des surplus sont réalisés.

- En supposant que l’UQO en vienne à développer une comptabilité par activité, il demeurera assez périlleux de faire des analyses puisque l’UQO a, au fil des années, créé des sociétés apparentées (quatre à date) qui prennent en charge une partie des dépenses des activités dites autonomes et qui enregistrent une partie des revenus. Par exemple, une de ces sociétés, la Corporation des services universitaires de l’Outaouais et des Laurentides, a un budget annuel qui avoisine 1 million $ et gère les résidences et les stationnements. Pour l’année terminée le 30 avril 2017, la société aurait généré un surplus de 4 264 $ mais l’UQO a dû prendre 500 000 $ dans son budget de fonctionnement (enseignement et recherche) pour financer les rénovations des résidences étudiantes. Visiblement, ces résidences ne génèrent pas suffisamment de surplus permettant d’assurer leur bon état. Les états financiers de cette corporation ne sont pas vérifiés par un auditeur indépendant.

L'auteur est Guy Bellemare, professeur de relations industrielles à l'Université du Québec en Outaouais.