Le 13 décembre, les employés du Droit ont formé la coopérative de travailleurs qui prendra les rênes du journal.

Quelques conseils au Droit d’un vieux coopérateur

OPINION / L’avenir du journal Le Droit menacé, vous avez choisi de vous pencher et saisir le gant de travail que le système économique a simplement laissé tomber à vos pieds. Des entreprises qui ont décidé de fuir grâce à des écrans de corporations se dépouillant de leurs responsabilités envers travailleurs et retraités. Réaction aux GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) en attendant que les gouvernements ne cessent d’ignorer l’impact de ces géants voleurs. Quelques conseils...

1. Vous êtes tous du domaine du renseignement, des informations, des communications et de la recherche. Allez fureter la toile au sujet des coopératives… leurs forces, leurs faiblesses… et leurs principes de base qui les distingue des entreprises privées ou des compagnies de la Couronne.

2. Distinguer d’un œil critique la différence entre un mouvement coop et une institution coop. Le mouvement répond à une menace ou un événement choc… une émotion qui relève du cœur. L’institution relève d’une volonté d’organiser l’entreprise, de la gérer avec profit ou surplus et cela relève de la tête ou de l’esprit. La tête ne peut vivre sans le cœur. Et vice-versa.

3. Le passage d’employés dépendant d’actionnaires à employés propriétaires suppose un changement exigeant. Ne pas hésiter à consulter les expertises disponibles (comme Ethel Côté) quand on frappe un noeud.

4. En entreprise privée, le président prend une décision et peut l’exécuter dès le lendemain. En coopérative, le processus décisionnel est plus lent. Souvent, il faut consulter et développer un consensus. Les rapports syndicats patron n’est plus le même.

5. Explorer ouvertement toutes les sources de financement: public, privé et gouvernemental. Municipal, provincial et fédéral.

6. Comprendre la chaîne des responsabilités puis respecter le gestionnaire principal, le rôle de chacun. Le rôle du conseil d’administration. Trouver l’équilibre entre ouverture et confidentialité. Alors que l’entreprise privée peut cacher sa comptabilité de bien des manières, la coopérative doit «rendre des comptes» à ses membres tous les ans... une comptabilité beaucoup plus transparente.

7. Établir et maintenir des liens avec les autres coopératives du domaine de l’information. Comparer les stratégies et les plans d’affaires dans le but de mesurer et d’améliorer les performances. Adhérer aux conseils de coopération des deux provinces et nouer des liens avec les autres genres de coopératives: habitation, agriculture, services ambulanciers, services funéraires et enfin services financiers dont les caisses et les coops d’assurances.

Une coopérative, c’est une entreprise avec une dimension humaine. Aux employés-propriétaires du journal Le Droit… longue vie. L’avenir est à ceux et celles qui luttent.

Marc Ryan, Embrun