« Il n’y a pas de “dérive autoritaire” lorsque la direction de l’université cherche à préserver ses droits sur les sujets qui n’ont pas fait l’objet d’entente », précise le recteur de l’UQO Denis Harrisson.

Quelle dérive autoritaire?

Réponse à Louise Briand, présidente du syndicat des professeures et professeurs de l’UQO, dans « La gestion participative réaffirmée à l’UQO» (Le Droit, 23 novembre)

L’idéologie syndicale selon laquelle les cadres de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) tentent d’occuper des postes de gestion détenus par des professeurs ne résiste pas à l’épreuve des faits. L’UQO s’est dotée d’un cadre de cogestion enchâssé dans la convention collective des professeurs qui reconnaît leur rôle dans la gestion des départements et des programmes, de même qu’à la commission des études et au conseil d’administration.

Depuis 1968, dans le modèle préconisé par l’Université du Québec, la participation des professeurs dans la gestion de l’université est exemplaire. Peu de décisions sont prises sans qu’ils ne soient consultés de différentes façons. Les droits de gérance habituels que l’on retrouve dans les organisations font la part grande à cette cogestion. Celle-ci s’exerce directement avec les professeurs, sans intermédiaires. À cet effet, trois décisions arbitrales récentes (Me Francine Lamy, 4 décembre 2015 ; Me Pierre Laplante, 19 août 2016 ; Me Claude Fabien, 27 septembre 2016) donnent raison à notre interprétation de la cogestion qui repose sur un cadre balisé et reconnu par les parties sur l’exercice de pouvoirs cédés par l’employeur, ainsi que sur des sujets sur lesquels les parties ont reconnu l’application du principe de participation.

Ainsi, il n’y a pas de « dérive autoritaire » lorsque la direction de l’université cherche à préserver ses droits sur les sujets qui n’ont pas fait l’objet d’entente. Pas plus que la direction de l’UQO ne cherche à écarter les professeurs de l’exercice des fonctions de direction qui leur sont dévolues. Néanmoins, il arrive parfois que les sièges restent vacants parce qu’aucun professeur ne veut les prendre. C’est uniquement dans ces circonstances qu’un cadre se charge de l’intendance de manière intérimaire. Sur ce dernier aspect, l’arbitre Me Denis Provençal, dans sa décision du 25 octobre 2017, en a décidé autrement. Les professeurs seront donc obligés de prendre leurs responsabilités, et c’est ce que nous souhaitons.

Ce modèle de cogestion repose sur la bonne entente entre toutes les parties. Comme le disait Joseph-Yvon Thériault : « Il faut troquer le syndicalisme de combat par une attitude plus participative » (Le Devoir, 6 mai 2016). C’est la condition préalable au bon fonctionnement de la cogestion.

L'auteur est Denis Harrisson, Recteur de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).