L’épisode actuel de manifestations des autochtones à la grandeur du pays tend à démontrer clairement l’échec du multiculturalisme.

Premières Nations: l’heure de vérité

OPINION / Lorsque les Européens sont venus s’installer en Amérique, ce fut la rencontre entre deux mondes séparés par 10 000 années d’évolution technologique. Ce fut la rencontre du silex avec l’acier, la poudre à canon et les grands voiliers.

L’un subsistait, intimement collé à son habitat, tandis que l’autre sillonnait le globe à la recherche d’or, d’épices et de nouveaux territoires à exploiter et à occuper, si nécessaire par la force.

L’un avait besoin de ses territoires pour y aménager et y accrocher sa culture tandis que l’autre en avait besoin pour cultiver, en exploiter les ressources, s’étendre et, les contrôler.

C’est le rapport de force qui a prévalu dès le départ entre les Premières Nations et les nouveaux arrivants au Canada et il semble bien qu’il soit toujours le même, caractérisé par le déni. C’est ce qui, encore une fois, est à la source de la résistance des leaders traditionnels Wet’suwet’en de Colombie-Britannique au passage d’un gazoduc sur leur territoire historique.

Le Canada aime se définir comme un pays composé de multiples cultures où les rapports entre nations se déroulent dans le contexte euphorique du multiculturalisme. Or, l’épisode actuel de manifestations des autochtones à la grandeur du pays tend à démontrer clairement l’échec du multiculturalisme.

Je crains bien que malgré les valses de l’hésitation du gouvernement fédéral, l’on doive revoir le fondement constitutionnel des rapports entre les nations et les régions du Canada s’il veut se doter d’une image qui colle à la réalité et nous guérisse de notre schizophrénie collective.

Jacquelin Robin, Gatineau