Le 27 septembre est une journée où nous sommes appelés, en tant que citoyennes et citoyens, à nous mobiliser afin d’exiger des décideurs qu’ils s’engagent à prendre des actions concrètes pour lutter contre les changements climatiques.

Pourquoi marcher le 27 septembre?

OPINION / Le 27 septembre est une journée où nous sommes appelés, en tant que citoyennes et citoyens, à nous mobiliser afin d’exiger des décideurs qu’ils s’engagent à prendre des actions concrètes pour lutter contre les changements climatiques. La situation environnementale actuelle exige de prendre une pause de notre quotidien pour revendiquer et s’engager dans des actions collectives, que ce soit par la grève, les manifestations, les boycotts, voire la désobéissance civile, et ce, au nom de quelque chose de plus important et de plus grand que nous. Pourquoi poser ces actions? Voici quelques exemples :

Si vous êtes un travailleur salarié qui avez des droits et de conditions de travail tels qu’un salaire minimum, de journées de congé, de journées de 8 heures, de vacances, de fin de semaines, etc., c’est parce que des travailleurs se sont rassemblés et ont posé des actions collectives avant vous. Cette lutte dure depuis plus de 120 ans.

Si vous êtes une femme qui peut nourrir des aspirations personnelles, scolaires et professionnelles, peut faire ses propres choix et peut revendiquer ouvertement une égalité de fait, c’est parce que des femmes se sont mobilisées et ont posé des actions collectives avant vous. Cette lutte dure depuis plus de 100 ans.

Si vous êtes un étudiant qui a accès à une éducation post-secondaire relativement abordable, c’est parce que des étudiants et étudiantes se sont organisés et ont posé des actions collectives avant vous. Cette lutte dure depuis plus de 60 ans.

Si vous êtes une personne homosexuelle qui a des droits et qui ne redoute pas d’avoir une peine d’emprisonnement de 5 ans en raison de son orientation sexuelle, c’est parce que des groupes d’hommes et de femmes se sont battus et ont posé des actions collectives avant vous. Cette lutte dure depuis plus de 50 ans.

Les actions collectives sont le moteur du changement social et ces exemples sont la preuve qu’il est possible de changer les choses quand nous nous regroupons et sommes actifs (et non passifs). Ce n’est pas une seule action isolée qui sera efficace mais bien un cumul. Les décideurs n’aiment pas le changement, ils préfèrent le statu quo et l’apparence de cohésion sociale, c’est plus simple. Ces actions collectives dérangent les affaires quotidiennes, c’est pourquoi il faut les répéter et persévérer pour qu’elles soient efficaces.

La lutte aux changements climatiques se distingue des exemples ci-haut sur deux plans. Premièrement, c’est une lutte globale qui interpelle tous les pays, et particulièrement ceux de l’hémisphère Nord. Elle touche plus de 8 milliards de personnes et tous les écosystèmes. Deuxièmement, notre manque d’actions des dernières décennies nous place dans une situation où nous devons agir très rapidement. En tant que citoyens, nous devons être encore plus mobilisés, actifs et tenaces.

C’est une lutte contre un système vieux d’un peu plus de 200 ans. Un système fondé sur la propriété privée et la surexploitation de ressources, de biens et de services qu’est le capitalisme, spécialement dans sa forme néolibérale globalisée. Ce système vise la croissance infinie et valorise la liberté individuelle où les individus se voient responsabilisés et culpabilisés en portant individuellement le fardeau des problèmes collectifs. Or, cela fait plus de 40 ans que nous posons des gestes individuels sans véritablement changer les choses. Mener cette lutte en faisant « des petits pas », de manière individuelle, c’est jouer selon les règles définies par le système que nous devons changer. À l’instar des exemples précédents, il faut plutôt des moyens à la hauteur du problème : des actions collectives pour régler un problème collectif.

Un changement rapide et global ne se fera pas sans que les États, les institutions sociales, les entreprises et les grandes corporations se responsabilisent, agissent et participent au changement. C’est pourquoi il est important d’exercer une pression soutenue en dérangeant leurs affaires quotidiennes et en leur signifiant que nous exigeons des actions concrètes, rapides et durables. En environnement, ce n’est plus l’heure d’une révolution tranquille. Commençons par prendre un moment commun et allons marcher le 27 septembre!

Marc Langlois,

Professeur de sociologie

Cégep de Trois-Rivières