« On peut s’attendre à une consommation [de cannabis] égale à celle du tabac et de l’alcool chez les jeunes, quand le cannabis sera légal pour les adultes », croit le président de l'Association des parents catholiques du Québec, Jean-Léon Laffitte.

Pourquoi légaliser le cannabis ?

Le mercredi 17 janvier, un article paru dans le Journal de Montréal présentait le refus de notre Guy Lafleur national, qui a une place méritée dans le cœur des Québécois, au sujet de la légalisation de la drogue. Nous connaissons l’histoire familiale de Lafleur et il nous la rappelait par ce témoignage : son fils « a commencé avec le pot et a fini avec les drogues dures ». Ce témoignage, des milliers de pères pourraient le reprendre…

Nous avons vu nos enfants s’enliser sans être capables de les retirer du bourbier de la drogue… et nous avons de sérieuses questions à poser à nos dirigeants. Croient-ils vraiment que la légalisation de la drogue amènera une diminution de la consommation chez les jeunes et dans la population en général ? On compare souvent la fin de la prohibition de l’alcool avec la tentative de légaliser la drogue. Rappelons donc que la fin de la prohibition n’a jamais entraîné une diminution de la consommation, au contraire. Plus de jeunes consomment actuellement de l’alcool et du tabac, légaux, que du cannabis… La comparaison s’arrête ici. 

Croit-on vraiment que les effets de l’alcool et du tabac sont semblables à ce que peut produire un joint chez certaines personnes ? Des psychoses, une accélération du développement de la schizophrénie chez certaines personnes à risque, et très souvent, une apathie presque constante, ne permettant plus aux consommateurs de s’intégrer dans le monde du travail, etc. Une personne sur 10 est dépendante dès la première consommation d’un joint. Si la légalisation a lieu, plus de jeunes vivront cet enfermement dans la fumée, qui devient à défaut d’une raison d’exister, le passe-temps, et rien d’autre, avant d’être souvent un passage vers les drogues dures.

Autre question : est-ce que les taxes sur le tabac et l’alcool suffisent à couvrir les soins de santé et les coûts humains reliés à ces consommations ? Bien sûr que non. 

Le coût du tabagisme s’élève à 4 milliards $ par année au Québec, dont environ 1 milliard $ en seuls soins de santé selon la Commission québécoise pour le contrôle du tabac. Pourquoi en serait-il autrement dans le cas du cannabis ? 

Comme le rappelait Guy Lafleur, les milliards escomptés par les différents paliers de gouvernement pour la vente de cannabis seront certainement dépensés dans les frais médicaux et psychologiques, dans la prévention. Mais, dans cet échange de « quatre-vingt-cinq sous pour un dollar », c’est la santé de nos jeunes qui sera grandement atteinte, et toute la sérénité de nos familles qui en sera gravement affectée. Et c’est une vérité de La Palice que lorsque les risques perçus décroissent, l’usage augmente. C’est une certitude qu’avec la légalisation du cannabis, la consommation augmentera et que plus de jeunes encore passeront par ce chemin qui les mènera également à la consommation de drogues dures. Plus de jeunes consomment de l’alcool et fument du tabac que du cannabis, même si la vente est interdite aux moins de 18 ans. On peut s’attendre à une consommation égale à celle du tabac et de l’alcool chez les jeunes, quand le cannabis sera légal pour les adultes.

Nous n’entrerons pas ici dans la discussion sur la pseudo-efficacité contre le crime organisé de la légalisation d’une drogue, d’une seule… Mais nous constatons qu’entre la santé des jeunes et le combat contre la criminalité, nos dirigeants ont choisi de tenter de faire diminuer la criminalité, même si nos adolescents et leur famille doivent en payer plus fortement le prix.

Nos policiers font un travail extraordinaire sur le terrain, sachant conseiller les parents pour qu’ils évitent de favoriser l’entrée de leurs rejetons dans la criminalité. Nous pourrions choisir de leur donner des forces et des moyens plus grands pour combattre le crime organisé. Tout comme accroître le nombre de campagnes de prévention qui sont loin d’atteindre celles concernant l’usage du tabac.

Mais peut-être Guy Lafleur a-t-il encore raison ? « Le gouvernement légalise le pot pour les revenus. C’est la seule raison. » 

Comme beaucoup de pères et de mères, nous partageons comme parents ses craintes des plus fondées devant cette entreprise commerciale sans éthique valable. Et comme la majorité de nos compatriotes québécois — 54 % selon un sondage CROP de mai 2017, nous sommes contre la légalisation du cannabis. À la veille des élections, y aura-t-il un parti qui portera ce choix des parents et des familles ?

L'auteur est Jean-Léon Laffitte, Président de l'Association des parents catholiques du Québec.