L'auteur Jean-François Daoust croit que nous devrions être plus reconnaissant envers les politiciens et plus enthousiaste face à la campagne électorale.

Pourquoi la campagne électorale est emballante?

Je nous trouve collectivement très critique et peu reconnaissant envers les politiciens. Pire : cet esprit critique poussé à l’extrême mène actuellement au cynisme et ressemble beaucoup plus à un esprit de mépris généralisé pour tout ce qui touche au politique. Il est absolument désolant que des textes d’opinions dans la sphère publique qui portent pour titres « Les élections déprimantes qui s’en viennent » ou encore « La campagne des égouts » soient la norme.

On accuse les politiciens de clientélisme dans son sens le plus péjoratif sous prétexte qu’ils font des promesses précises et ciblées. On les accuse de vouloir « acheter » des votes de certains sous-groupes d’électeurs.

Mais au fond, si on rayait les « petites » promesses au profit de « grandes » quêtes sociétales, de projets plus ambitieux, on trouverait le moyen d’accuser les politiciens de pelleter des nuages, de slogans creux qui ne veulent rien dire, et d’être électoralistes en devenant un « catch-all party ».

Soyons clairs : la vaste majorité des politiciens s’impliquent pour les bonnes raisons. La vaste majorité des politiciens se dédient beaucoup plus au bien public que le citoyen moyen. La vaste majorité des politiciens sont compétents. La vaste majorité des politiciens sont honnêtes.

Il faut critiquer les politiciens lorsqu’ils le méritent. Mais il faut surtout maintenir cette perspective critique en gardant en tête les constats ci-hauts pour ne pas tomber dans le mépris.

Non seulement devrions-nous être plus reconnaissant envers les politiciens, mais également plus enthousiaste face à la campagne électorale. C’est un moment charnière de la vie démocratique d’un peuple et la présente élection est extraordinaire de toutes sortes de façons.

Par exemple, il y aura nécessairement un renouvellement de la députation puisqu’il y a eu énormément de départs.

Il y a plus de candidatures LGBTQ que jamais.

Il s’agit d’une élection qui porte beaucoup moins sur la souveraineté du Québec – peu importe notre position, il faut reconnaître l’aspect extraordinaire de ce contexte.

Il s’agit potentiellement d’une élection de réalignement électoral qui effriterait le bipartisme PLQ-PQ. Une première depuis 1976.

Et beaucoup plus.

Il y a tant de raisons d’être emballé, comme citoyen, par cette campagne.

Restons critique, mais ne sombrons pas dans le cynisme et le mépris.

L'auteur est Jean-François Daoust, Doctorat en science politique à Montréal.