La fonction publique du Canada a été reconnue l’année dernière comme étant la plus efficace au monde par l’université d’Oxford et l’Institut du Royaume-Uni.

Pour une culture axée sur le respect et l’expérimentation

Le vérificateur général, Michael Ferguson, a soulevé un enjeu important la semaine dernière lorsqu’il a suggéré que la culture de la fonction publique était l’un des facteurs qui auraient contribué à « l’échec incompréhensible » du système de paye Phénix.

Je ne suis pas le seul en ville à être préoccupé par les critiques de M. Ferguson. Profitons-en pour discuter d’un défi auquel notre gouvernement se confronte depuis notre arrivée au pouvoir en novembre 2015.

À l’écart du théâtre politique qui alimente les manchettes, depuis maintenant plus de deux ans, nous changeons les rouages de la fonction publique dans le but d’habiliter ses travailleurs à mieux servir les Canadiens. Nous avons reçu l’appui ferme des quelque w membres dévoués de la fonction publique, irréfutablement dédiés au service de leurs concitoyens.

Depuis le début de notre mandat, notre gouvernement non seulement s’acharne à rétablir le respect pour notre fonction publique non partisane, mais aussi à y instaurer une culture propice à l’expérimentation, la mise en œuvre, et l’élaboration de politiques fondées sur les preuves, ce que nous appelons « les résultats et l’exécution ».

Mais un changement de culture ne se fait pas du jour au lendemain, particulièrement après dix années d’abus et d’ingérence de la part des conservateurs.

Selon Debi Daviau, présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, la décennie qui nous a précédés se résume à un « coup de froid » pour la fonction publique. On décourageait les fonctionnaires d’évoquer les défis qu’ils rencontraient, et ces derniers craignaient de dire quoi que ce soit qui n’était pas conforme à l’idéologie du gouvernement.

C’est pourquoi, dès le deuxième jour de notre entrée en fonction, notre gouvernement a agi vite et de manière décisive en démuselant les scientifiques du gouvernement et en rétablissant le questionnaire détaillé obligatoire du recensement. Nous signalions ainsi que l’information et les preuves prendraient désormais le dessus sur l’idéologie.

Dès mon premier discours aux cadres supérieurs du gouvernement au printemps 2016, j’ai été clair : pour réussir aujourd’hui et déranger le statu quo, nous devons habiliter nos employés à innover, à essayer de nouvelles choses, et à vivre des échecs pour finalement en tirer des leçons.

En tant que président du Conseil du Trésor et employeur de la fonction publique, je répète ce message chaque fois que j’en ai l’occasion.

Nous rétablissons une fonction publique confiante et innovatrice au moyen de mesures qui favorisent les réussites, comme l’adoption de modèles itératifs, les marathons de codages, et des solutions de financement novatrices.

Nous avons également modernisé nos politiques pour qu’elles reflètent l’ère numérique, incluant de nouvelles normes numériques et une plus grande autorité attribuée au dirigeant principal de l’information du Canada. Ces changements sont nécessaires pour que nos initiatives rejoignent et fassent progresser les priorités des Canadiens.

Cette transformation prend difficilement la forme d’une annonce tape-à-l’œil ou d’un communiqué de presse, mais elle est très importante. On parle ici du système nerveux du gouvernement. Nous reconnaissons aussi que ce changement de culture devra dépasser les mesures de nature techniques.

Pour encourager l’esprit créatif, l’énergie et l’enthousiasme d’une fonction publique de classe mondiale, on doit nécessairement y restaurer le respect, la confiance, et la croyance fondamentale que le gouvernement peut – et doit – exercer une force positive.

Nous constatons déjà des changements culturels positifs au sein de la fonction publique : davantage d’employés sont heureux de leur emploi et les scientifiques redécouvrent, quoique trop lentement encore, la liberté de parler ouvertement de leurs travaux.

La semaine prochaine, lorsque nous célébrerons la Semaine nationale de la fonction publique, gardons en tête les réalisations incroyables de notre fonction publique. 

Parmi elles, l’accueil de 50 000 réfugiés syriens, l’allocation canadienne pour enfants, qui a sorti 300 000 enfants de la pauvreté, et la révocation de 62 avis d’ébullition d’eau potable de longue durée dans nos collectivités autochtones.

Ce n’est pas surprenant que la fonction publique du Canada ait été reconnue l’année dernière comme étant la plus efficace au monde par l’université d’Oxford et l’Institut du Royaume-Uni.

Nous accueillons positivement le rapport du vérificateur général, puisqu’il braque les projecteurs sur un défi qui nous occupe depuis notre arrivée au pouvoir. Nous sommes d’accord avec lui : la charge reste lourde, mais les Canadiens peuvent compter sur nous et leurs fonctionnaires pour livrer la marchandise.


L'auteur du texte est Scott Brison, président du Conseil du Trésor du Canada.