Le myriophylle à épi, communément appelé plante « zombie », est une plante exotique envahissante qui a atteint au moins 180 lacs et cours d’eau.

Pour un Programme national de gestion du myriophylle

Au premier ministre du Québec,

Le myriophylle à épi, communément appelé plante « zombie », est une plante exotique envahissante qui a atteint au moins 180 lacs et cours d’eau, dont la vaste majorité se retrouve actuellement dans les régions de villégiature. Présente depuis plusieurs années, elle croit de façon exponentielle et envahit lentement et sûrement toutes les régions du Québec. 

Elle ne représente aucun danger pour la santé humaine, cependant, lorsque concentrée dans des herbiers très denses, cette plante a un impact majeur sur la biodiversité. Elle a des répercussions sur la réputation de beauté des plans d’eau du Québec et a un impact économique lié aux activités nautiques et touristiques, ainsi que pour les riverains et les municipalités ; certaines études démontrant une baisse des valeurs foncières relative à sa présence. Dans le contexte actuel des invasions par le myriophylle à épi, il est urgent de mettre en place une stratégie concertée au niveau provincial pour :

– prévenir la dissémination dans les lacs et cours d’eau non atteints ; 

– soutenir la recherche fondamentale et expérimentale visant à améliorer le contrôle ;

– appuyer les associations et les municipalités aux prises avec le problème. 

C’est ce que réclame l’Alliance pour un Programme national de gestion du myriophylle. 

En moins de trois mois, nous avons recueilli des appuis de plus de 200 organismes nationaux, de riverains, d’entreprises, de loisirs nautiques, du milieu scientifique, de municipalités représentant des milliers de personnes. 

De plus, l’Alliance croit que cette proposition de mise en place d’un programme national servirait de modèle pour lutter contre l’ensemble des espèces exotiques envahissantes qui sont une menace pour l’environnement. Lors du dépôt du dernier budget, nous avons appris l’annonce de 8 millions $ pour combattre les espèces exotiques envahissantes. Nous saluons cette décision qui représente une première pour le Québec. 

Le lundi 16 juillet, une vingtaine d’organismes, représentant l’ensemble des usagers des plans d’eau, se sont réunis à Montréal pour réfléchir aux éléments de ce que, nous espérons, sera le futur Programme national de lutte au myriophylle. Ce groupe a pris acte de la richesse des connaissances pratiques, des ressources très diversifiées et des connaissances scientifiques auxquelles le gouvernement pourrait immédiatement faire appel. Tous ont souligné la nécessité de se doter d’orientations et de standards nationaux. 

Le mercredi 18 juillet, votre gouvernement a annoncé un programme de subventions de 1,25 million $ par année pour 5 ans, à des organismes locaux et provinciaux. Nous craignons que cette approche renvoie aux associations et aux municipalités locales déjà essoufflées par la complexité des problèmes auxquels elles font face. Le problème est local, mais la solution nécessairement provinciale. Or nous ne retrouvons malheureusement pas dans cette annonce les composantes d’une stratégie nationale. Nous vous demandons d’engager votre gouvernement à établir un Programme national de gestion du myriophylle à épi, seul garant d’un impact réel et significatif sur l’ensemble du territoire. Nous attendons un signal de votre part. Nous espérons que votre gouvernement saura profiter de cette offre de collaboration et de l’expertise québécoise en la matière,afin de sauvegarder, pour les générations futures, le patrimoine collectif naturel que représentent les lacs et les cours d’eau du Québec.

Jean-Claude Thibault,

Constance Ramacieri,

Au nom des 200 organismes, municipalités, MRC et associations