L'église Saint-Bernard de Fournier risque de fermer ses portes dans cinq ans.

Pour un Conseil du patrimoine religieux en Ontario

L’Ontario français possède un patrimoine religieux d’une très grande valeur patrimoniale. Malheureusement, cette richesse demeure trop mal connue alors que sa préservation s’avère très préoccupante, particulièrement pour les églises. On n’a qu’à penser à la démolition de l’église Sacré-Cœur à Sturgeon Falls, à la fermeture de l’église de l’Assomption à Windsor et à l’église Saint-Charles de Vanier, qui a échappé de justesse aux pics des démolisseurs. Il ne faut pas oublier la magnifique église Saint-Bernard de Fournier qui risque de fermer ses portes dans cinq ans.

Toutes ces crises auraient été sans doute évitées si l’Ontario possédait comme au Québec, un Conseil du patrimoine religieux. En effet, le Conseil du patrimoine religieux est une organisation à but non lucratif qui œuvre à soutenir financièrement et à promouvoir la conservation et le mise en valeur du patrimoine religieux québécois.

Depuis 1995, le ministère de la Culture et des Communications a versé plus de 320 millions $ pour la restauration du patrimoine religieux, particulièrement pour les lieux de culte. À cette somme, il faut ajouter 145 millions provenant de la communauté qui reçoit une aide financière. Bref, depuis plus de 20 ans, c’est plus de 465 millions qui ont été versés pour entretenir le patrimoine religieux québécois. En Outaouais, plusieurs églises ont été restaurées grâce au Conseil, notamment celles de Saint-François-de-Sales, Saint-Grégoire-de-Naziance, Sainte-Angélique de Papineauville et Christ Church dans le secteur Aylmer. Certains de ces lieux de culte seraient sans doute fermés aujourd’hui sans l’aide du gouvernement du Québec pour assurer l’avenir de son patrimoine religieux.

Les nouveaux députés de l’Ontario doivent appuyer la création d’un Conseil du patrimoine religieux ontarien qui assurerait bien sûr l’avenir des églises des paroisses franco-ontariennes, mais également celles de toutes les autres communautés religieuses qui possèdent aussi un riche patrimoine.

En réalité, on ne peut plus demander aux paroissiens de moins en moins nombreux d’entretenir et de restaurer seuls ce patrimoine religieux. Par ailleurs, le clergé toujours vieillissant et sans relève, n’a plus comme autrefois les moyens financiers pour maintenir ses nombreuses propriétés religieuses, ses biens immobiliers et ses archives patrimoniales. C’est pourquoi il faut faire comprendre aux élus que cet héritage d’une valeur inestimable appartient à tous. De cette façon, le gouvernement de l’Ontario n’aura pas d’autre choix que d’intervenir afin de débloquer des fonds substantiels afin de sauvegarder et de mettre en valeur ce patrimoine.

En somme, le Conseil du patrimoine religieux du Québec doit servir d’exemple et il faut que le gouvernement de l’Ontario établisse rapidement un programme similaire. L’État ontarien a le devoir d’agir afin de sauver ces témoins privilégiés de notre histoire et de notre culture. Cela dit, les électeurs doivent en faire la demande si on veut transmettre ce patrimoine religieux et culturel aux générations à venir.

L'auteur est Michel Prévost, D.U., président de la Société d'histoire de l'Outaouais.