La conseillère Louise Boudrias

Pour le soutien au communautaire

La semaine dernière, on apprenait que Gatineau envisage d’augmenter l’aide financière aux organismes communautaires (Le Droit, 4 septembre). Quelle bonne nouvelle ! Au nom de la TROCAO, regroupement intersectoriel de plus de 75 organismes communautaires autonomes de l’Outaouais, merci de reconnaître que nos besoins augmentent et que le soutien financier, lui, stagne.

Le soutien aux organismes, c’est reconnaître l’apport de leurs missions, et, par conséquent, soutenir ce qu’ils mettent en place comme actions pour améliorer la qualité de vie de la population, que ce soit par l’éducation à la citoyenneté, l’animation et la vie de quartier ou encore la prévention et la sensibilisation. Or, l’exemple des Camps de jour abordé au Comité plénier de la Ville de Gatineau relève d’un tout autre registre.

« L’important c’est d’offrir la même qualité de service à nos citoyens, mais il y aurait certainement des économies à faire en finançant des places à travers des organismes communautaires,» soutient la conseillère Louise Boudrias. 

L’affirmation de Mme Boudrias semble plutôt se rapporter à une vision de sous-traitance, et non de soutien aux organismes. Il faut voir le communautaire pour l’ensemble de ce qu’il a à offrir, sa connexion avec le milieu, et non pas comme une opportunité d’économiser. S’il est permis de croire qu’on peut économiser dans le communautaire, c’est que le communautaire est déjà sous-financé, et une série d’enjeus viennent s’y rattacher, comme un haut roulement du personnel et des salaires qui ne sont pas compétitifs.

Si les organismes souhaitent intégrer à leur programmation des camps de jour, parce qu’ils le jugent pertinent, c’est très bien et Gatineau devrait financer ces initiatives à leur juste valeur. Par contre, déléguer les responsabilités municipales au communautaire, c’est une autre histoire. 

Parlant d’histoire, les organismes luttent depuis des décennies pour être reconnus comme de vrais «partenaires», et non des sous-traitants. La question se pose : quel type de relation de soutien est-ce qu’un gouvernement de proximité, comme la Ville de Gatineau, souhaite entretenir avec les organismes communautaires autonomes?

L'auteur est Daniel Cayley-Daoust, Directeur général par intérim de la TROCAO.