La Loi sur les langues officielles fêtera bientôt ses 50 ans.

Pour en finir avec les deux solitudes!

« Nous nous apprêtons à faire une modernisation de la Loi sur langues officielles, a déclaré le très honorable Justin Trudeau, le 6 juin dernier. Nous allons travailler avec toutes les Canadiennes et tous les Canadiens pour nous assurer que ce sera la bonne.»

J’étais très fier de représenter les gens de Pontiac aux côtés du premier ministre Justin Trudeau alors qu’il s’engageait à réviser la Loi sur les langues officielles. Sa déclaration récente à la Chambre des communes souligne le début d’une période historique en matière de langues officielles. Cette loi, adoptée lorsque Trudeau père était premier ministre, devait bâtir des ponts entre les « deux solitudes » de l’époque, lorsque le gouvernement du Canada opérait en anglais et, sauf exception, n’offrait ses services que dans cette langue. Les intérêts de l’Outaouais — et surtout les besoins linguistiques et culturels des francophones de la région — étaient largement ignorés.

La Loi sur les langues officielles fêtera bientôt ses 50 ans. Lors de la première présentation de la loi au Parlement, en 1968, Pierre Elliott Trudeau souhaitait que «le Canada français puisse survivre non en se repliant sur lui-même, mais en réclamant sa part entière de chaque aspect de la vie canadienne » et que le Canada anglais puisse « tirer le plus possible des avantages qu’il y a à vivre dans un pays qui a appris à parler deux des langues les plus répandues dans le monde. »

Il va sans dire que le Pontiac s’est métamorphosé, ses résidents ayant emprunté les ponts érigés par cette loi. Les solitudes s’y sont estompées. Selon Statistiques Canada, près de 60 % des résidents de notre belle circonscription sont aujourd’hui bilingues. Pas moins de 64% des francophones parlent anglais et des 31 000 anglophones habitant le Pontiac, la moitié parlent français. Et c’est mon cas. En effet, comme beaucoup d’enfants, j’ai fréquenté des écoles d’immersion française. Je me considère donc comme un produit de cette volonté politique, enchâssée dans la loi, de rapprocher deux communautés linguistiques.

Les bénéfices du bilinguisme, voire du multilinguisme, sont notoires depuis des décennies. Au-delà de l’aspect économique, c’est à bon droit que la ministre Joly rappelait récemment que « la dualité linguistique est, avec la défense des droits et libertés protégés par la Charte canadienne et la réconciliation avec les peuples autochtones, l’un des trois piliers du contrat social qui nous unit ».

Certes, c’est tout un projet de société que celui de moderniser la Loi sur les langues officielles. Fort heureusement, le travail est déjà bien entamé tant au Sénat qu’au Commissariat aux langues officielles notamment par des consultations. J’encourage tous les Canadiens et Canadiennes à partager leurs points de vue, leurs rêves et leurs suggestions, si ce n’est déjà fait.

Nous formons un gouvernement d’action. Afin de mettre fin à la décennie d’indifférence des conservateurs envers les langues officielles, notre gouvernement annonçait dernièrement des investissements historiques de 2,7 milliards sur cinq ans à l’appui des communautés de langues officielles en situation minoritaire. Le prochain acte ? Moderniser la  Loi sur les langues officielles et éliminer les derniers vestiges des deux solitudes!

L'auteur du texte est Will Amos, député fédéral de Pontiac.