Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

Pontiac: les auteurs répondent au ministre

Lorsque le ministre de la Santé dit que La réforme Barrette et ses effets dans le Pontiac est un document d’opinion et non une analyse impartiale, et qu’il ajoute que les doléances des intervenants ne sont pas prouvées à ses yeux, il dénigre les citoyens du Pontiac.

Ils connaissent très bien les nombreux problèmes d’accès en santé. Sans doute plus que le ministre Gaétan Barrette qui va rarement dans le Pontiac. 

Nous y sommes allés cinq, six fois en trois mois. Le ministre se fie largement aux explications du CISSS de l’Outaouais qui peut difficilement être entièrement objectif sur un système qu’il a mis en place.

Le ministre Barrette oublie que plusieurs des lacunes rapportées sont des faits indéniables :

• L’absence de représentant du Pontiac sur le conseil d’administration du CISSSO;

• L’élimination de tous les postes de cadres supérieurs;

• La centralisation de plusieurs services à Gatineau, notamment pour les services aux jeunes;

• Peu de consultation de la population.

Lorsque le ministre dit qu’il a de la difficulté à accepter le manque de souplesse du système, il est contredit par le CISSSO qui reconnaît qu’il y avait plus de souplesse et une gouvernance axée sur la  proximité dans le système précédent. 

Le CISSSO mentionne également que le degré de satisfaction de la population était sans doute plus élevé avant la réforme. Il ajoute qu’il devrait être plus à l’écoute de la population et qu’il est à préparer un plan à ce sujet.

Nous reconnaissons que des améliorations ont été apportées par le gouvernement et le CISSSO, comme l’hémodialyse, l’ajout de personnel pour le soutien aux aînés et le soutien à domicile, la création d’une clinique pour le dépistage des ITSS, une étude en cours pour maximiser l’espace opératoire à l’hôpital de Shawville, etc. Le ministre a dit qu’on n’avait pas reconnu les avancées en hémodyalise alors qu’elle est mentionnés deux fois dans le rapport. 

Ceci prouve que contrairement à ce qu’il a dit, il ne l’a pas lu.

Enfin, nous trouvons inacceptable que pour discréditer le rapport, le ministre ait dit à l’émission de Philippe Marcoux sur Radio-Canada que c’est peut-être une bonne chose que M. Légère ne soit plus le maire, parce qu’il ne voit pas la réforme du même oeil. Il est indigne d’un ministre de la Santé et du Bien-être de dénigrer des bénévoles d’une grande expérience d’analyse et de rédaction qui ont mis beaucoup de temps et de sérieux à examiner la situation d’un système autrefois jugé exemplaire, et qui ont produit un rapport beaucoup plus nuancé que ce que Gaétan Barrette prétend. 

Les auteurs sont Michel Légère, Paul-Émile Leblanc, Gilbert Langelier.

Co-auteurs, La réforme Barrette et ses effets dans le Pontiac