Perspectives d’outre-rive : le gros bon sens

OPINION / Je suis une simple citoyenne, résidente du secteur Beacon Hill, dans l’est d’Ottawa, et j’appuie sans réserve la construction d’un pont — voire deux... un dans l’Ouest aussi ! — pour servir de sixième lien entre les communautés outaouaises et ontariennes de la capitale du Canada. C’est le gros bon sens. Et j’ai peine à m’expliquer pourquoi tant d’élus et de personnes simili «influentes» s’opposent à l’idée qui ne pourrait que favoriser nos deux communautés («Une vieille promesse», Le Droit, 21 février).

Les détracteurs disent : il faut favoriser le transport en commun. L’avenir est au train léger.

Ces mots sont sur toutes les lèvres. Soit. Mais vous ne mettrez jamais un chargement de billots sur un train léger. Je comprends que le train est la saveur de la décennie, qu’il faut le mettre en œuvre rigoureusement avec toutes ses phases. Qu’il a possiblement aspiré des sommes importantes initialement prévues pour sa construction. Mais comme dirait Yvon Deschamps : et pi après? Est-ce qu’Orléans va se recroqueviller? Rockland se dissoudre? Pourquoi l’est d’Ottawa est-il souvent si mal desservi et si peu considéré ?

Pour moi, un train léger c’est un véhicule et un pont, c’est une voie parmi d’autres qui pourrait accommoder trains, autos, piétons et cyclistes. Même les écureuils noirs pourraient l’emprunter.

L’absence d’un sixième lien plus à l’est a obligé des millions de voitures et de camions à faire un détour vers le centre-ville d’Ottawa avant de remonter vers l’est sur la rive québécoise. J’appelle ça le fer à cheval de l’illogisme. Au passage, cela a détruit le quartier King Edward et une partie de la Basse-Ville. Pour la destruction durable, c’est réussi. Des milliards de kilomètres parcourus sans raison et autant d’émissions nocives concentrées dans un seul endroit. Et que dire de la circulation inutile sur les routes parallèles à la rivière?

Les détracteurs disent : on va faire un tunnel au lieu d’un pont. À en juger par les catastrophes sous-terraines créées par la construction du train léger… force est de constater que notre région n’a pas un sol propice à creuser un tunnel. Et les coûts d’un tunnel? Le mot farfelu me vient à l’esprit. Surtout qu’il ne règle en rien du fer à cheval de l’illogisme.

Les plans et devis pour ce sixième lien existent déjà. Ce n’est pas rien. Ils n’ont qu’à être remis à niveau. Et tant qu’à doter l’est d’un autre lien…, les mêmes arguments tiennent pour l’ouest. Une autre question de gros bon sens.

Les détracteurs disent : les choses ont changé. (depuis la planification du pont dans les années vers les années 2000-2010). Absolument. La rive ontarienne avec Ottawa, Vanier, Overbrook, Orléans, Cumberland, Rockland, Wendover qui se développent à la vitesse grand V compte une population sans cesse grandissante. Tous ces gens sont contraints de faire le fer à cheval de l’illogisme.

Le traversier de Cumberland, ne règle le cas que d’une poignée de personnes.

Outre les avantages liés au transport, il y aurait de réels avantage culturels et commerciaux. Dès la mise en service du pont.

Trois choses sont certaines :

1. On n’arrête pas le progrès

2. La capitale va demeurer

3. La rivière des Outaouais aussi

Pourquoi ne pas prendre les moyens de contrer cet illogisme patent dans le transport et planifier un sixième lien dans l’est pour les prochaines années. Les populations des deux rives et l’industrie du camionnage ont été assez punis comme ça.

Nicole C. Beauchamp, Gloucester