Partialité ou neutralité?

Le Cégep de l'Outaouais abriterait des enseignants affiliés à la gauche radicale qui «manqueraient de neutralité» en classe? À ce niveau, les étudiants devraient être confrontés à toutes sortes d'idées, y compris celles qualifiées de radicales ou marginales. Nous ne sommes plus au secondaire, où les élèves développent tranquillement leur esprit critique. Au cégep, tout comme à l'université, ils devraient posséder les outils pour pouvoir critiquer les théories vues en classe. Ce n'est pas en exigeant une «neutralité» robotique du corps professoral qu'ils développeront leur conscience citoyenne. En parlant de neutralité, je ne pense pas que le correspondant Shawn Gibson («Plainte pour manque de neutralité», LeDroit, 6 février) donne une leçon en la matière lorsqu'il milite pour le Parti libéral du Québec. Au Cégep de l'Outaouais, j'ai suivi des cours dirigés par des professeurs talentueux dont je ne partageais pas souvent la vision politique. La liberté d'expression est fondamentale et bâillonner des enseignants s'avère être inacceptable. Un franc débat d'idées est toujours mieux que de forcer un silence grâce à l'oppression.