Ours en milieu urbain: évitable?

OPINION / Dans les deux dernières semaines, les ours se sont retrouvés fréquemment dans les nouvelles et, durant cette période, leur présence a été signalée plus de 60 fois auprès des autorités de la région. Alors que dans plusieurs cas, ils n’ont pas été repérés par les services de police de la Ville de Gatineau, dans d’autres, ils ont pu être capturés puis libérés en nature. Toutefois, par malchance, un de ces ursidés a dû être abattu après avoir reçu des blessures sévères des suites d’une collision avec une voiture.

Les ours génèrent tout un émoi en ville, alors qu’un terrain de golf a été évacué pendant plusieurs heures et des mesures de sécurité préventives instaurées dans les écoles. De plus, de nombreux avis ont été émis pour limiter les risques de conflit entre les citoyens et les ursidés.

Afin de résoudre cette énigme, plusieurs biologistes et agents de la conservation ont apporté des explications à la situation. Entre autres, le manque de nourriture due à une saison estivale anormalement chaude, l’accessibilité de la nourriture dans les milieux urbains et une bonne saison pour les pommiers sauvages sont toutes des raisons qui ont été amenées pour justifier leurs actions.

Bien que nous admettions que ces hypothèses soient légitimes, la Société pour la nature et les parcs du Canada, section de la Vallée de l’Outaouais (SNAP-VO) aimerait apporter une perspective différente aux événements.

Nous croyons que les causes du comportement inhabituel des ours sont plutôt les changements climatiques, l’absence de zones tampons autour des milieux forestiers, la fragmentation des habitats ainsi que le manque de corridors écologiques.

Effectivement, chacun des facteurs énumérés précédemment a contribué à la présence plus élevée des ours dans nos milieux urbains.

Les changements climatiques amènent des températures extrêmes et irrégulières et la flore, affectée par ces perturbations, produit moins de fruits, graines et noix. Les zones tampons, c’est-à-dire des terrains inhabités autour des espaces protégés ou des forêts, constituent la plus importante barrière pour limiter les interactions entre les animaux sauvages et les humains. Finalement, la fragmentation des habitats et l’absence de corridors écologiques réduisent grandement le territoire des ours tout en limitant leur capacité à se déplacer en sécurité.

L’environnement est un enjeu important dans nos vies et les événements actuels nous le rappellent. Les rencontres entre les ours et les citoyens, malgré qu’elles aient été relativement mineures, ont des impacts sociaux et économiques.

La Société pour la nature et les parcs du Canada, section de la Vallée de l’Outaouais souhaiterait donc vous rappeler que pour le bien-être des humains et des animaux, nous devons réaliser de l’importance des aires protégées, de leur gestion ainsi que des milieux qui les entourent. En tant que citoyens, nous devons nous engager à préserver,de manière intelligente, 17% de nos territoires d’ici 2020, et de dépasser cet objectif peu de temps après.

Geneviève Le Blanc,

Coordonnatrice à la conservation,

Société pour la nature et les parcs du Canada, section de la Vallée de l’Outaouais