Amanda Simard, députée de Glengarry-Prescott-Russell

Notre Jeanne d’Arc d’Embrun

OPINION / Elle a commencé sa carrière politique sans escale notre petite Jeanne d’Arc d’Embrun. Son visage angélique cachait une détermination qui nous a tous émerveillés. Elle disait ce que les gens pensaient tout bas. Solidement enracinée dans sa terre franco-ontarienne, la députée Amanda Simard est devenue l’essence même de notre combat. Elle nous démontre que le sens de l’honneur et de l’intégrité priment sur toute allégeance politique.

Son discours ce matin était déchirant. Elle annonçait qu’elle quittait les rangs du Parti conservateur de l’Ontario. Les larmes s’engouffraient dans sa voix. Elle disait : « Je ne peux pas rester dans un parti qui ne défend pas mes droits. C’était la seule députée franco-ontarienne du gouvernement Ford. On retourne à la case départ! Cela me fait penser aux jeux des échelles que l’on joue avec nos enfants. Au cours de cette partie de montée et de descente, il arrive qu’on ait de la chance et que l’on grimpe le long d’une échelle, mais que l’on retombe tout aussi rapidement par une flèche vertigineuse qui nous ramène à la case départ! J’ai bien peur que ce soit ce qui nous arrive en ce moment. »

Mais le bon côté de cette rechute c’est de voir cette solidarité de tous les francophones d’un océan à l’autre. Les Québécois, leurs médias en tête, nous défendent becs et ongles. Du jamais vu! La loi du nombre n’est pas la seule mesure. Nous avons deux langues officielles. C’est la première richesse naturelle du pays, avant le pétrole, les mines et le bois. La francophonie au Canada, c’est des milliers de feux de position qui s’allument aux quatre coins du pays. Chaque feu compte. Ceux qui sont les plus éloignés ont besoin de ceux du centre pour raviver la flamme.

Aujourd’hui l’espérance de notre quête vers la terre promise où tous nos droits de Franco-Ontariennes et de Franco-Ontariens seront respectés, s’appelle Amanda Simard. Elle devient la doublure de notre langage.

Ce texte a été écrit par Jean Malavoy, directeur général du Muséoparc Vanier.