Depuis quelques jours, effectivement, la tension est palpable à de l’Île. Pas seulement chez les étudiants, mais aussi auprès des membres du personnel enseignant et du personnel de soutien.

Manifs à de l’Île: des étudiants réagissent

OPINION / Les manifestations auxquelles ont participé plusieurs élèves de l’école secondaire de l’Île dans les derniers jours, ont fait beaucoup réagir. Et ce, notamment dû à l’interprétation que les médias en ont faite. Il est important de noter que nos homologues de l’École secondaire Mont-Bleu seront toujours les bienvenus au sein de notre établissement. En effet, ils sont nos amis, nos frères, nos soeurs, mais surtout nos collègues de demain.

La tragédie qui s’est abattue sur leur école nous attriste tous, et c’est face à l’incompréhension de notre point de vue qu’un malentendu s’est produit.

Tout d’abord, nous sommes tout à fait d’accord que les propos haineux tenus par certains étudiants de l’École secondaire de l’Île étaient déplacés.

Cependant, oubliez-vous que nous sommes des adolescents en colère contre une commission scolaire qui nous oublie?

Depuis quelques jours, effectivement, la tension est palpable à de l’Île. Pas seulement chez les étudiants, mais aussi auprès des membres du personnel enseignant et du personnel de soutien. Ils sont frustrés, anxieux et surtout confus. Pourquoi nous retrouvons-nous avec un horaire d’après-midi qui se termine si tard par rapport aux engagements que nous avons déjà?

Il doit y avoir un compromis au niveau de l’organisation de l’horaire. Puisque pendant les délibérations qui ont eu lieu, nous avons été volontairement gardés dans le néant au sujet des décisions qui étaient prises. Souvent, on allait chercher sur le site web de Radio-Canada ou TVA pour des nouvelles de la situation, car sur le site de la Commissions scolaire des Portages-de-l’Outaouais, on s’en tenait au secret absolu.

Selon nous, la crise a été mal gérée par la commission scolaire. Un horaire s’étalant de 13:10 à 17 h 34 causerait d’importants problèmes logistiques, financiers et familiaux pour les élèves et pour le personnel de notre école. En effet, la majorité d’entre nous, élèves et personnel, avons des familles, des activités parascolaires ou encore des emplois à temps partiel qui demandent une implication bien avant 17 h 34.

À la suite de la décision de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, nous sommes dans l’impossibilité de remplir ces tâches qui comblent notre quotidien.

De plus, plusieurs élèves ont déjà payé pour des activités diverses, auxquelles ils ne pourront participer. Encore une fois, nous sommes actuellement prêts à accueillir les élèves de Mont-Bleu, mais nous avons l’impression que la commission scolaire essaie trop d’accommoder les étudiants en situation de crise, en laissant de côté les différentes réalités des gens de l’École secondaire de l’Île.

Aussi, alors que deux assemblées pour les enseignants et la direction des deux écoles ont été organisées, il n’a aucunement été question d’en organiser une pour les étudiants. Les manifestations qui se sont produites auraient pu être évitées si la commission scolaire avait pris la peine de nous entendre, nous qui sommes tout aussi touchés par ces décisions.

La CSPO affirme que nous sommes entendus et pourtant aucun élève n’a été approché. Est-il normal que les élèves qui sont le plus affectés ne soient pas consultés?

On nous a récemment assurés que notre sécurité était l’une des priorités du système d’éducation. On nous a aussi dit que l’on voulait s’assurer que les jeunes soient protégés le plus possible. Pourtant, l’horaire actuellement offert comporte une incohérence quant à la sécurité des étudiants. En effet, environ 400 élèves se déplacent matin et soir à pied. Les cours vont maintenant terminer à 17 h 34, et l’hiver, il fera noir. Ces marcheurs devront donc, dans le noir, se rendre chez eux, traversant des coins de la Ville de Gatineau qui sont plutôt à risque. Est-ce vraiment sécuritaire? Par contre, les étudiants de Mont-Bleu habitent plus loin, et pourraient retourner en sécurité chez eux en autobus. Finalement, une solution que l’on trouve acceptable serait de débuter les cours des élèves de l’école Mont-Bleu à 7 h 30 et que ceux des élèves de l’école secondaire de l’Île pourraient donc terminer vers 16 h 30. Rappelons-nous, par contre, que les étudiants de l’École secondaire Mont-Bleu seront toujours les bienvenus dans notre école, et que nous ne voulons en aucun cas leur en interdire l’accès. Nous voulons simplement une réévaluation des options qui concernent les enseignants et les élèves qui, finalement,sont ceux qui sont le plus touchés par cette tragédie.

Magalie Fournier et Alexis Godard-Rochon,

Étudiants de l’école de l’Île, Gatineau