Les trois syndicats ont quitté le comité et portent seuls avec l’association étudiante depuis plus de 6 ans la lutte contre les violences sexuelles et les violences faites aux femmes à l’UQO.

Lutte aux violences sexuelles : pas sans les syndicats !

Les propos de Sylvie de Grosbois, vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche, et présidente du comité consultatif Pour une université sans violence sexuelle, Université du Québec en Outaouais ne reflètent pas notre lecture de la situation («Violences sexuelles à l’UQO : rectifions les faits», Le Droit, 19 décembre).

Tout d’abord, nous réitérons notre engagement dans la lutte contre la culture du viol et les violences sexuelles à l’UQO et notre volonté de trouver un terrain d’entente pour assurer que le Comité consultatif pour une communauté exempte de harcèlement, de violence et d’agression à caractère sexuel porte et engage la volonté de toutes et tous les membres de la communauté universitaire de l’UQO. 

Les trois syndicats ont quitté le comité, que la vice-rectrice nomme « groupes d’intérêts », et portent seuls avec l’association étudiante depuis plus de 6 ans la lutte contre les violences sexuelles et les violences faites aux femmes à l’UQO, organisent seuls avec les étudiantes les diverses activités de sensibilisation et ateliers d’éducation auxquels l’administration n’a jamais daigné participer avant l’an dernier (et cette participation était plus que marginale).

Nous soulevons les problèmes concernant les processus depuis la première rencontre du Comité et l’ensemble de nos préoccupations ont été à nouveau soulevées en août dernier. Il s’agissait de préoccupations partagées par toutes les membres élues par leur syndicat et leur association étudiante. Les propositions de solutions que nous avions alors amenées, y compris quant à la possibilité de rendre les contenus des consultations accessibles à toutes de façon anonymisée et respectueuse des personnes, ont été rejetées.

La question de l’« espace protégé » avait été soulevée lorsqu’il était question de témoignages personnels, pas lors de l’expression de positions, d’opinions ou de partage d’informations et, conséquemment, que cet espace confidentiel ne s’étendait pas à tout ce qui était dit en comité. Il n’est pas possible pour nous de remplir un mandat de représentation de nos membres si nous ne pouvons en aucun cas discuter des enjeux soulevés lors des séances du Comité. Nous n’avons conséquemment jamais accepté de garder tous les échanges confidentiels, bien que nous avons toujours agi pour protéger les informations sensibles. Le secret qui entoure les travaux du comité est selon nous troublant et contreproductif.

Tous les groupes d’emploi ne sont plus représentés à ce comité. Il n’y plus d’étudiantes salariées ou de personnes chargées de cours. Avec 700 personnes chargées de cours, il s’agit du plus grand groupe d’employés de l’université, désormais absents du comité. Nous reconnaissons que des personnes désignées par l’administration et provenant de divers corps d’emploi siègent toujours au Comité. Nous réitérons toutefois qu’il serait erroné de dire que ces personnes, bien qu’elles poursuivent des intentions nobles, représentent les membres de leurs corps d’emploi, au sens où elles porteraient leurs avis, questions et positions et en seraient redevables.

Enfin, l’information actuellement disponible sur le site du Comité, qui relaie les décisions de l’Équipe de coordination, ne rend pas compte des divers enjeux au sujet desquels toutes et tous les membres de la communauté universitaire doivent amorcer une réflexion, débattre et prendre position, qui ont fait l’objet de discussions lors des rencontres du Comité, mais qui ont par la suite été évacués. Nous considérons que relayer des décisions déjà définitives ne peut satisfaire au besoin d’une réflexion et d’une discussion collective, ouverte et engagée de la part de toutes et tous les membres de la communauté universitaire, afin que toutes et tous sentent qu’ils sont partie prenante de cette lutte.

Face au constat que nos préoccupations restent sans réponse véritable, nous réitérons que nous serons heureuses de retourner au Comité lorsque celui-ci sera constitué de façon équitable et démocratique pour toutes et tous les membres de notre communauté et que les représentantes au Comité pourront jouer leur rôle de façon transparente, rendre des comptes et engager les personnes qu’elles représentent dans la lutte aux violences sexuelles.

Les auteures du texte sont Stéphanie Demers, Vice-présidente et responsable du Comité de la condition féminine au Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO, ainsi que Marie-Josée Bourget, Présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’UQO, et Sophie Potvin, Présidente du Syndicat des étudiantes et étudiants salarié.e.s de l’UQO.