«Pour parler de réussite, nous devons certainement parler de motivation; moteur intrinsèque de l’élève et fruit de l’environnement dans lequel il chemine», soutient Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Lorsque 900 000 élèves franchissent l’école publique

Cette semaine, au Québec, plus d’un million de personnes, élèves et employés, ont marché main dans la main vers la réussite scolaire. La majorité, des élèves habités par l’entrain de la nouvelle année scolaire avec ses découvertes et ses retrouvailles, d’autres, avec ce que peut apporter une rentrée scolaire comme soucis et préoccupations. Et d’ici quelques jours, l’année sera lancée et des histoires de persévérance et de réussite vont s’écrire, petit à petit, pendant 180 jours de classe. À n’en pas douter, les employés du réseau public d’éducation vont mettre tout en œuvre pour faciliter la réussite de nos élèves, avec le soutien des élus scolaires agissant comme les vecteurs d’équité entre les élèves et les milieux.

Pour parler de réussite, nous devons certainement parler de motivation; moteur intrinsèque de l’élève et fruit de l’environnement dans lequel il chemine. En ce début d’année scolaire, je nous invite à prendre part à la réussite de nos élèves, en mettant en lumière la chance qu’ils ont d’avoir un réseau public d’éducation d’une qualité enviée par plusieurs.

À décrier les conditions de scolarisation, à décourager l’intérêt pour la profession d’enseignant, à s’offenser devant certaines infrastructures, à déclarer que nos élèves sont des cancres en matière de résultats scolaires, en se comparant à l’Ontario, ne contribuent certainement pas à appuyer les 900 000 élèves dans leur parcours scolaire, et les personnes qui les accompagnent dans leur cheminement. Ne peut-on pas voir la classe modulaire munie d’un tableau interactif et d’un système d’air conditionné comme une solution temporaire permettant aux élèves de fréquenter l’école de quartier? Ne peut-on pas constater que la persévérance et la réussite éducative ne cessent de s’améliorer au Québec? Ne peut-on pas parler davantage des histoires d’enseignantes et d’enseignants passionnés? Ne peut-on pas faire confiance aux acteurs pédagogiques, administratifs et politiques de l’éducation, en nous disant que la complémentarité de leurs actions vise un objectif unique : la réussite du plus grand nombre?

L’école publique doit relever des défis immenses. La réussite de toutes et tous bien sûr, mais dans un contexte où la diversité des élèves en classe n’a jamais été aussi grande, où la nécessité de francisation n’a jamais atteint un tel niveau, où l’augmentation du nombre d’élèves en milieu urbain, ou encore sa baisse en régions éloignées des grands centres, complexifie l’organisation scolaire, et où la rareté de main-d’œuvre exige de l’adaptation et de l’innovation constantes. C’est ensemble que nous réussirons à les surmonter.

La réussite scolaire, c’est l’affaire de chacune et chacun de nous. Je nous invite à être des agents de réussite, des agents de persévérance. Participons à la motivation scolaire de chacune et chacun.

Si, selon l’Institut de la statistique du Québec, 90 % des personnes de 24 à 35 ans détiennent un diplôme1, c’est certainement qu’il y a eu des succès en amont...

Bonne rentrée scolaire à toute la population québécoise!

L'auteur est Alain Fortier président de la Fédération des commissions scolaires du Québec.