Suis-je le seul qui a remarqué ou, du moins, suis-je le seul à le souligner aussi clairement ? Remarquer quoi ? Souligner quoi ?, vous demandez-vous. L’improvisation, celle du gouvernement Legault depuis son élection.

L’improvisation du gouvernement Legault

OPINION / Suis-je le seul qui a remarqué ou, du moins, suis-je le seul à le souligner aussi clairement ? Remarquer quoi ? Souligner quoi ?, vous demandez-vous.

L’improvisation, celle du gouvernement Legault depuis son élection.

Ce gouvernement a été élu en faisant certaines promesses et, surtout, en affirmant que, contrairement aux gouvernements successifs précédents, il allait, lui, les tenir. Et toutes ses actions jusqu’ici, ou presque, ont été exécutés dans cette optique.

Fort bien, ça fait effectivement une différence avec les gouvernements, tant au fédéral qu’au provincial, qui ont tenu le « volant » de nos véhicules collectifs, du moins dans l’histoire récente. Alors, où est le problème, me direz-vous?

Très simple. Vouloir tenir parole et respecter les obligations que l’on s’est imposées à soi-même est noble, encore faut-il le faire de manière ordonnée et après avoir suivi les règles de base en matière de bonne gouvernance, sans cela, on risque, oui, d’agir au lieu de ne rien faire, mais pas nécessairement de la façon qu’il conviendrait.

On en arrive donc à quelques incontournables. Il faut notamment : 

— 1) bien connaître le sujet sous étude; 

— 2) comprendre ses tenants et aboutissants; 

— 3) définir et circonscrire correctement le problème que l’on cherche à régler; 

— 4) dégager toutes les solutions possibles; 

— 5) retenir, après les avoir examinées soigneusement bien entendu, toutes celles qui pourraient être raisonnablement mises en œuvre; 

— 6) prendre en considération tous les facteurs pertinents pour le choix de la solution à privilégier; 

— 7) aussi important, écarter d’emblée ceux qui sont sans pertinence, comme le taux d’approbation des abonnés à la page Facebook du premier ministre; 

— 8) si cela n’a pas encore été fait, consulter les divers intervenants ainsi que les experts du domaine, lesquels risquent d’en connaître un peu plus que nous sur le sujet, le problème en cause et les solutions possibles, et ce, même s’ils peuvent avoir une opinion différente de la nôtre; 

— 9) être disposé à reculer ou à faire une « pause » lorsque cela apparaît être requis pour le bien de la population, même quand c’est au détriment de nos propres intérêts; 

— 10) élaborer les diverses mesures (politiques, règlements ou lois) de manière posée, sans idée préconçue, après avoir suivi rigoureusement les étapes préalables.

Vous avez suivi les actions du gouvernement de François Legault ? N’avez-vous pas remarqué qu’il avait, plus qu’à son tour, omis souvent de suivre les règles énoncées ci-dessus ?

À mon avis, c’est la démonstration évidente de l’improvisation. Ainsi, voici un résumé succinct de certaines actions du gouvernement que l’on peut sans aucun doute qualifier « d’improvisées ». Les questions d’immigration et de laïcité sont des exemples notables. Les gaffes de débutant du ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette sont bien documentées.

Aussi, on a aboli les commissions scolaires. Une autre promesse censément tenue. Très bien, mais le texte législatif mammouth déposé, amendé et adopté à toute vapeur a peut-être créé un monstre qui fera que, tout comme l’ancien ministre Gaétan Barrette, on se souviendra longtemps du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge. La population mérite-t-elle, en éducation, de se trouver en face d’un fiasco comme celui avec lequel elle est toujours aux prises dans le domaine de la santé et des services sociaux ?

Enfin, il y a le ministre Mathieu Lacombe et son collègue François Bonnardel, avec le dossier de l’autoroute 50. C’est carrément de l’ improvisation, leurs « gros élastiques» au milieu de la chaussée, alors que l’espace est insuffisant entre les deux voies de croisement, selon les experts. Et pourtant, tout le monde sait qu’il n’y a que les mesures suivantes à prendre pour la 50 : à court terme, baisser les limites de vitesse et augmenter substantiellement la surveillance policière (ou mettre de nombreux radars photos); à moyen terme, faire de la 50 une vraie autoroute.

Enfin, où en est le gouvernement avec son autre promesse, improvisée pour les élections, d’un nouvel hôpital « dans cinq ans »?

Je tiens à souligner, pour que ce soit clair, que je ne suis pas d’allégeance caquiste, péquiste, libérale ou autre. Je suis simplement un citoyen bien informé qui a horreur des « fake news » et des gens qui disent qu’ils agissent, mais qui oublient d’avancer, au lieu de reculer ou, pire, de se planter dans le fossé... de la 50!

Christian Laroche, Gatineau