« Le gouvernement conservateur du premier ministre Doug Ford nous met les bois dans les roues », exprime Yves Saint-Denis.

L’hypocrisie britannique face aux francophones

OPINION / C’est connu depuis 1763, les Britanniques veulent éradiquer la «race française» d’Amérique.

Après l’insurrection des Patriotes de 1837-1838, l’inique Rapport Durham recommandait l’assimilation en douceur du peuple canadien. Doug Ford et son gouvernement conservateur s’inscrivent-ils dans cette sinistre lignée ou sont-ils ignorants de l’histoire?

En 1840, les Anglais du Haut-Canada (Ontario) ont obtenu ce vilain Acte d’union avec le Bas-Canada plus populeux —correspondant au Québec — pour faire payer leur immense dette. En 1867, la Confédération, sans référendum, unit trois provinces menées par des Britanniques, au dessus des Canadiens du Québec, minorisant ainsi le peuple de langue française.

Avec la montée du nationalisme, alimentée par la mort ignoble de l’homme d’État Louis Riel, les Canadiens prennent l’étiquette de «Canadiens français» pour se distinguer des Anglais qui commencent à usurper leur nom pour devenir des «Canadians». La célèbre équipe de hockey les Canadiens de 1909 est toutefois formée uniquement de joueurs canadiens-français, dont les meilleurs sont des Franco-Ontariens avant la lettre : le capitaine Jean-Baptiste (Jack) Laviolette, Didier Pitre, Charles-Édouard Lalonde...

L’ACFÉO est fondée en même temps (janvier 1910), en prévision des luttes qui s’annoncent. Arrive l’abject Règlement 17 du gouvernement conservateur du premier ministre Ferguson qui coupe nos écoles et retarde nos acquis de 15 ans. Nous luttons pour notre survie. Le 22 octobre 1926, l’Ordre de Jacques-Cartier est créé et nos gains s’amplifient. Nous sommes devenus des Franco-Ontariens qui forment un peuple en plein épanouissement. 

Oups ! Le gouvernement conservateur de Mike Harris se souvient de la volonté assimilatrice de Lord Durham.

C’est la saga Montfort. Bagarre puis triomphe. Mais cet autre combat bouffe encore nos énergies. L’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) se transforme en Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Nous reprenons ces dernières années notre erre d’allée. 

Oups ! Le gouvernement conservateur du premier ministre Doug Ford nous met les bois dans les roues. En 1927, au moment de la mort du Règlement17, apparaissait la Ford à coups de pieds. Voilà la recette à servir à Doug Ford.

Denise Bombardier venait de nous aiguillonner. Nouvelle injection de vitamines nationales ! Ford a beau freiner son élan destructeur, la Cadillac de l’Ontarie va lui écraser LaMothe. Il nous faut reprendre tous nos acquis et améliorer le modèle d’Université de l’Ontarie français en adoptant celui des campus de l’Université du Québec. Adoptons la devise de Dollard : Jusqu’au bout !

L'auteur du texte est Yves Saint-Denis, ex-président de l'Association canadienne-française de l’Ontario (1980-1982) à Chute-à-Blondeau.