Lettre des Mères au front à Justin Trudeau

À vous la parole
À vous la parole
Le Droit
Monsieur Trudeau, Hier marquait le premier anniversaire de votre réélection. Voilà donc 5 ans que vous êtes au pouvoir, quatre à la tête d’un gouvernement majoritaire.

En cinq ans, qu’avez-vous fait pour protéger l’avenir de nos enfants?

Vous nous répondrez que vous avez mis un prix sur le carbone, investi dans le transport en commun et certaines infrastructures vertes, revu des processus d’évaluation environnementale, donné plus de place aux scientifiques, mis sous protection de nouveaux territoires, planté une partie des arbres promis, interdit certains plastiques à usage unique et misé sur une économie verte.

Pour tout cela, nous vous sommes reconnaissantes. Mais c’est nettement insuffisant pour protéger la vie sur Terre telle qu’on la connait. Il faut des gestes forts, beaucoup plus forts.

Le premier devoir d’un gouvernement est de protéger la santé et la sécurité de sa population contre une menace dont il connaît la gravité. C’est le cas des changements climatiques. Vous savez que ce sont nos enfants qui seront les plus durement touchés. Nos jeunes sont d’ailleurs très conscients de leur destin si le gouvernement ne leur pave pas la route vers un avenir plus vert et plus juste. Ils se mobilisent, manifestent, crient au secours sans se faire entendre. Ils portent un lourd fardeau qui, pourtant, ne leur appartient pas. Écoutons nos jeunes, afin de rétablir leur espoir, afin qu’ils sachent que leurs efforts ont valu la peine et que nous sommes là, pour les tenir dans nos bras, les soutenir et embrasser notre précieuse planète qui leur permettra de vivre bien.

Sortons des énergies fossiles

Vous connaissez les chiffres. Vous savez que le Canada ne pourra jamais atteindre ses cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) sans commencer immédiatement à sortir des énergies fossiles. C’est mathématiquement impossible.

Nous vous demandons de mettre un terme à toutes subventions au secteur des énergies fossiles. Cela comprend un abandon immédiat du projet de réfection de TransMountain, estimé à plus de 12,6 milliards de dollars. Une fois construit, ce pipeline devra être rentabilisé durant des décennies. Voilà qui va à l’encontre du gros bon sens climatique.  

Les investisseurs privés l’ont compris en sortant de plus en plus des sables bitumineux.  Comment pouvez-vous justifier que de l’argent public serve à financer la destruction de notre monde?

Soutenir les communautés dépendantes des énergies fossiles

Nous vous demandons d’utiliser les 12,6 milliards de dollars de fonds publics dédiés à TransMountain pour soutenir directement les travailleurs et les travailleuses du secteur des énergies fossiles et leurs communautés. 12,6 milliards divisés par le nombre de personnes touchées, c’est suffisamment d’argent pour les accompagner directement dans une transition juste et verte. Pas un sou ne devrait aller à des entreprises qui détruisent les bases de la vie sur Terre. Ni à celles qui dissimulent leurs profits dans des paradis fiscaux. Il faut aider les gens et les communautés directement.

Pour relancer l’économie, adoptons des mesures qui permettront de répondre aux besoins humains dans le respect des limites des écosystèmes. Donnons-nous les moyens de réduire la taille de notre empreinte écologique et de créer de la richesse sociale. Finançons le réaménagement de nos milieux de vie, l’agriculture biologique régénératrice locale, la réduction du gaspillage (notamment alimentaire), l’économie circulaire, l’efficacité énergétique, le transport collectif, la rénovation et la construction écologiques, la production d’énergies renouvelables, l’économie sociale, et 101 autres idées pour une relance juste et verte.  

Les plus grandes richesses naturelles du Canada ne sont pas son pétrole, son gaz et son charbon, mais ses citoyens et citoyennes dans un environnement sain. Nous avons des compétences et des connaissances extraordinaires et surtout une capacité à innover et à coopérer solidairement comme peu de pays dans le monde. Elles sont là, nos forces. Mettons-les au service du bien commun. Utilisons-les pour protéger l’avenir des enfants sur Terre.

N'oublions pas qu’il n’y a pas de transition écologique sans justice sociale. Il faut en effet conjuguer la lutte contre le changement climatique et des objectifs sociaux d’équité, de solidarité et de collaboration qui ne laissera personne et aucun enfant de côté.

Pendant que le climat est encore vivable sur notre petite planète bleue, pendant que la vie foisonne en nous et autour de nous, nous attendons de vous le courage d’imposer ce qui doit l’être.

On le doit à nos enfants de tout faire pour protéger leur avenir.  Il faut que la vie gagne.

Mères au Front – Comtés Unis de Prescott et Russell et Mères au Front – Ville de Gatineau

Emmanuelle Larocque, Mère de Estéban et Dalianne, Lisa Deacon, Mère de Rémi et Arlo, Marianne Ariganello (For Our Kids Ottawa/Gatineau), mère de Leanna et Nathaniel, Diane Cyr, mère de Caroline et Louis-Philippe et grand-maman de Charles, Marie-Claude Dubé, mère de Élisabelle, William, Frédéric et Laurianne, Laurie-Anne Muldoon, mère de Louka, Isabel, mère de Logan et Malik, Sylvie Turcotte, mère de Marie-Hélène et Louis-Philippe, Carole, mère de Gabrielle, Laurence et Olivier et enseignante de 22 petits cœurs, Lynn Ovenden, mère de Jane et Peter, grand-maman de Henry et Sam, Isabelle Diotte, mère de Louka et tante de jumeaux en train de grandir dans le bedon de leur maman, Marie-Andrée Prévost, mère de Thomas, Raphaël et Mathilda, Corinna Kealey, mère de Sébastien et Emmanuelle, grand-maman de Estéban et Dalianne, Hélène Fournier, mère de Hugo et Florence, Jennifer Bouchard, mère de Benson, Kim Savage, mère de Léah et Tristan, Isabelle Bousquet, mère de Matias et Felipe.