Les taxes scolaires... vu du côté anglophone

Il est faux de prétendre qu'avec plus de contribuables le budget de la Western Quebec School Board en est ainsi augmenté, les budgets de fonctionnement des commissions scolaires étant pondérés en fonction du nombre d'élèves.
Le budget demeure presque le même mais avec l'augmentation du nombre de contribuables, la répartition des taxes se fait sur un plus grand nombre de résidences, ce qui fait diminuer le taux. 
Ailleurs au Québec, c'est le contraire qui se produit. Les commissions scolaires anglophones, aux prises avec une décroissance et de très grands territoires, voient leurs coûts augmenter et le nombre de leurs contribuables diminuer, car les taxes scolaires sont moins chères dans les commissions scolaires francophones.
Un point qui n'est jamais souligné, alors qu'on nous annonce la construction ou l'agrandissement d'écoles primaires francophones sur le territoire de Hull et Aylmer, c'est que les écoles primaires anglophones urbaines sont en situation de surpopulation. À elle seule, l'école Pierre Elliott Trudeau, la seule école anglaise du territoire de Hull, a connu une croissance importante, passant de 298 élèves en 2009-2010 à 563 élèves en 2016-2017. Il est fort probable que le cap des 600 élèves sera franchi en 2017-2018. Puisqu'il n'a pas d'autre école, si un élève demeure sur le territoire, il ne peut être dirigé ailleurs. La situation se répète avec les écoles d'Aylmer et Gatineau.
À l'école Pierre Elliott Trudeau, plus de la moitié des classes sont en surcapacité malgré le fait que tous les espaces communs ont été transformés en classes. La cafétéria a été transformée en trois classes, les rangements transformés en bureaux et la bibliothèque a été partitionnée avec une porte accordéon en plastique (comme celles utilisées pour fermer les boutiques de centre d'achats). Sans compter que le service de garde ne dispose plus de locaux dédiés depuis des années.
Bien que l'administration, les professeurs et les parents fassent tout leur possible pour contribuer à un environnement sain pour nos enfants, le fait demeure qu'on ne peut continuer à empiler des enfants comme des sardines sans avoir un impact sur la qualité de leur éducation. 
Tout le débat sur les taxes scolaires ne se préoccupe pas du tout de ceux qui en sont les bénéficiaires et notre avenir, tant du côté francophone qu'anglophone.
Julie Kennedy, Hull