Le candidat à la présidence en République démocratique du Congo, Martin Fayulu

Les raisons de croire au Congo

Pays indépendant depuis le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo, devenue Zaïre entre 1971 et 1997, connaît un tournant historique. Pour la première fois, une alternance démocratique pointe à l’horizon. Il y aura à partir du 24 janvier 2019 un président sortant et un président entrant.

Les élections du 30 décembre 2018 n’ont pas été les plus parfaites. Elles n’ont pas été les pires non plus. Comparées aux élections de 2006 et de 2011, les dernières élections étaient beaucoup plus calmes malgré quelques couacs au niveau de l’organisation, la population a répondu au rendez-vous.

Vingt-un candidats dont une dame battaient campagne. Trois d’entre eux se sont démarqués : Emmanuel Shadary, le dauphin du président Joseph Kabila Kabange menait la campagne à la tête de la plus importante coalition présidentielle avec tous les moyens de l’État; Martin Fayulu, appelé MaFa, tête d’affiche de Lamuka centrait sa campagne sur le boycott des élections avec la machine à voter. Jusqu’à deux semaines des élections, Fayulu, fidèle aux engagements de Genève et soutenu par des grands financiers appelait la population à ne pas utiliser la machine à voter surnommée «machine à voler»; Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avec son colistier Vital Kamheré, misait sur le peuple avec les moyens du peuple. Ce duo formait le ticket gagnant. Ils ont parcouru les provinces à pied, en véhicule, en bateau, en avion pour parler aux populations congolaises. Dès leur retour en novembre 2018, nous avons vu des marrées humaines indescriptibles, des foules innombrables à chacune de leur sortie. Le vote populaire leur était acquis.

Finalement les résultats provisoires confirmés par un arrêt de la Cour constitutionnelle donnent victoire au cap vers le changement, avec Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo élu cinquième président de la RDC.

Ces résultats ne sont que le reflet d’une coalition de deux grands partis de l’opposition : UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) et UNC (Union pour la nation congolaise). Deux partis menés par deux hommes les plus populaires en RDC. Leur force : la communication directe, la franchise, l’intégrité et le respect du peuple congolais.

La déliquescence généralisée pourrait pousser au pessimisme. Mais la détermination de l’homme du peuple qui fait appel à toutes les filles et à tous les fils de la RDC à retrousser les manches pour apporter la pierre à la reconstruction de leur pays donne espoir. Les scènes de liesse à travers tout le pays depuis l’annonce des résultats d’abord provisoires, enfin définitifs en sont un signe avant-coureur. Le paysage politique va changer dans le bon sens. L’intérêt de la nation doit primer sur toute autre considération.

L'auteur du texte est Bertrand Kabongo Lukunda d'Ottawa.