«Le document de consultation sur la réalité policière que nous avons présenté n’est que la première étape d’un vaste chantier que nous entreprenons», écrit la vice-première ministre Geneviève Guilbault.
«Le document de consultation sur la réalité policière que nous avons présenté n’est que la première étape d’un vaste chantier que nous entreprenons», écrit la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

«Les Québécois doivent avoir confiance en leurs institutions policières»

Presque vingt ans se sont écoulés depuis la dernière refonte des principales lois régissant la prestation des services policiers au Québec, et il est incroyable de constater à quel point notre environnement a évolué depuis. Les nouvelles technologies ont modifié notre façon de travailler, de communiquer et ont bouleversé plusieurs aspects de notre quotidien. Elles occupent désormais une place importante dans nos vies, qui est appelée à s’accentuer au cours des prochaines décennies.

Cependant, alors que notre société s’est modernisée, que notre population augmente et que les agglomérations se transforment, certaines institutions pourtant fondamentales ont été ignorées par les gouvernements précédents. C’est le cas notamment de nos forces policières. Nos femmes et nos hommes en uniforme font un travail exceptionnel pour servir et protéger nos citoyens, mais la législation encadrant les organisations, les pratiques et la desserte policières doit, de toute évidence, être revue et actualisée.

Le métier de policier change. Aujourd’hui, les policiers sont amenés à dépasser leur mandat traditionnel de répression du crime et de gendarmerie. Pressés de devenir des acteurs investis dans leurs communautés, d’être à la fois des préventionnistes, des gardiens de l’ordre et des intervenants auprès des citoyens les plus fragilisés ou marginalisés, certains questionnent leur rôle et la gouvernance de leurs organisations.

Les malfaiteurs exploitent crapuleusement les nouvelles technologies, entraînant l’apparition et la complexification de phénomènes de criminalité. Pour espérer les enrayer, nos forces de l’ordre doivent disposer des outils technologiques et de la formation nécessaires à une lutte à armes égales.

Nous avons également entendu leur cri du cœur concernant la santé mentale. Qu’il s’agisse de la multiplication des interventions auprès de personnes présentant des problèmes de cette nature ou encore du nombre croissant de policiers affirmant être au bout du rouleau, nous devons aborder sans tabou cette question importante.

Le document de consultation sur la réalité policière que nous avons présenté mercredi n’est que la première étape d’un vaste chantier que nous entreprenons. Pour nous appuyer, nous avons réuni une équipe qualifiée de cinq professionnels respectivement issus des milieux municipal, policier, juridique, social et académique. Possédant des expériences et des connaissances abondantes et complémentaires, j’ai confiance qu’ils seront en mesure de nous indiquer des pistes d’amélioration porteuses de modernité et d’efficience. Plusieurs pays ont mené ce genre de réflexion, il est de notre devoir d’emboîter le pas.

Les Québécois doivent avoir confiance en leurs institutions policières. Le temps est venu de tirer un trait définitif sur l’immobilisme des vingt dernières années et d’offrir à nos policiers un environnement de travail sain et efficace, dans lequel ils seront en mesure de déployer pleinement leurs compétences et de s’acquitter fièrement de leur noble mission.