Les promesses vides d’un Centre de la petite enfance

OPINION / À Mathieu Lacombe, Ministre québécois de la Famille,

Le 20 février dernier, vous avez fait l’annonce en grande pompe que le gouvernement du Québec mettait en place des mesures concrètes pour permettre au plus grand nombre possible d’enfants d’avoir accès à une place subventionnée dans un service de garde éducatif à l’enfance de qualité. Je comprends du communiqué de presse que ces mesures sont orientées vers les parents-étudiants spécifiquement mais le 20 mars dernier, vous avez également annoncé que les mesures visaient également à optimiser des groupes ou créer de nouvelles places dans des installations existantes.

Je désire donc attirer votre attention sur un problème concret relié directement à vos fonctions de député de Papineau et de Ministre de la famille.

La CPE des Trois Petits Points a entrepris des démarches d’agrandissement de ses installations en 2012 afin d’offrir 80 nouvelles places, travaux estimés à environ 1,3 millions $. Nous sommes maintenant en mai 2019 et ces nouvelles places ne sont toujours pas disponibles! Depuis 18 mois déjà, ce projet prend du retard pour toutes sortes d’excuses et d’embûches supposées.

En avril 2018, 80% des travaux étaient terminés et l’ouverture des nouvelles places étaient prévues pour l’automne 2018. L’entrepreneur qui s’occupait du projet a, entre temps, fait faillite. Lors d’inspections des travaux, il a été découvert que les matériaux utilisés par l’entrepreneur ne répondaient pas aux normes et que la majorité des travaux devraient être refaits.

Depuis ce temps, des procédures judiciaires ont été entamées mais la conclusion semble encore loin. La fin des travaux ainsi que l’ouverture de la CPE ne font qu’être retardées. La relève dans ce dossier semble incapable de finaliser les 20 % des travaux restants et de satisfaire aux normes minimales nécessaires pour l’ouverture du CPE. Des promesses d’ouverture de la CPE sont faites régulièrement, les parents s’accrochent en vain à ces promesses ou se font refuser d’autres places ailleurs considérant un départ probable à plus ou moins long terme vers le CPE (durée d’un contrat de garde temporaire de 3, 6, 12 mois ? 2 ans ?)

Depuis, ce que l’on nous dit pour justifier le retard inacceptable de la date d’ouverture ne sont que des excuses à répétitions : des problèmes de plomberie, de système de chauffage, climatisation, d’inspections, de permis, de procédures judiciaires et j’en passe.

Finalement, tout ce qui avait été fait avant, ne vaut plus un clou et on semble avoir recommencé le projet du début ou presque ! Au lieu de coûter 1,3 million comme prévu, il en coûtera sans aucun doute le double ou le triple, et ce par manque de suivi de la part des inspecteurs du ministère de la Famille, des responsables au dossier de la CPE et autres fonctionnaires incompétents et des enfants sur une liste d’attente d’une place en CPE.

Mon fils et ma bru, qui demeurent à quelques mètres seulement du CPE, n’ont pas renouvelé leur précédent contrat de garde en milieu familial puisqu’ils avaient reçu une promesse de places pour leurs deux enfants au CPE des Trois Petits Points. J’ai donc accepté en septembre 2018, sur promesse de l’ouverture de la CPE dans les 2 mois suivants, de prendre en charge mes petits-enfants de 2 et 5 ans pour permettre aux parents de se rendre au travail en toute quiétude. Ce qui devait au départ n’être qu’une collaboration temporaire est devenu un travail à temps plein et en tant que grand-maman à la retraite, j’ai beau aimé énormément mes deux petits enfants, je suis épuisée et serai incapable de continuer de cette façon encore très longtemps!

Récemment, le 21 mai, mon fils a téléphoné à Chantal Massie, directrice du CPE, afin d’obtenir de nouvelles mises à jour pour l’ouverture du CPE et on l’a informé que la dernière promesse d’ouverture pour septembre 2019 ne serait pas tenue non plus et que si, par quelque miracle, le CPE pouvait ouvrir à l’été, ils ne prendraient même pas le plus vieux des deux enfants puisque celui-ci doit débuter la maternelle en septembre. Cette situation est aberrante ! Que sont sensés faire les parents dans une telle situation ? Ils ne peuvent tout de même pas arrêter de travailler et se retrouver sur l’aide sociale afin de s’occuper des enfants eux-mêmes à temps plein.

Je me demande de quelle façon vous pourrez réaliser vos promesses électorales d’obtenir une place en CPE pour tous les enfants de 0 – 5 ans en 2019 ou 2020 alors que l’agrandissement d’une CPE demande déjà plus de 2 ans pour la réalisation des travaux.

De la façon dont je vois les choses, je crois qu’un enfant inscrit pour une place en CPE alors qu’il n’est pas encore né, se retrouvera sur les bancs de la maternelle avant que son tour vienne pour une place subventionnée en CPE.

Je suis écœurée des promesses des politiciens.

Hélène Joanis, Gatineau