« Sélectionnés génétiquement pour le combat, le pitbull est un mélange de trois races choisies pour leur agressivité, leur musculature et leur poids », écrit l'auteur de cette lettre.

Les pitbulls, des chiens de combat

OPINION / Le pitbull est un mélange de trois races de chiens. La race a d’abord été développée en Angleterre dans les années 1800 et a été exportée aux États-Unis.

Dans ces deux pays aux traditions plutôt puritaines, pendant des siècles, les jeux de hasard étaient interdits, tout comme au Canada jusqu’en 1967. Cependant, les combats de chiens ainsi que les courses de chevaux étaient permis et très populaires. Pendant plus d’un siècle, on a donc procédé à des mélanges de races et à des sélections génétiques pour créer des chevaux de course (thoroughbreds) et des chiens de combat (pitbulls) aux capacités remarquables.

Le marché des combats de chiens était alors très lucratif, surtout qu’à l’époque il n’y avait ni casino, ni télévision, ni cinéma. Ces combats représentaient un divertissement, une opportunité de jouer. Ce n’est qu’en 1943 que la Ville de New York a interdit les combats de chiens les dimanches à Central Park.

Sélectionnés génétiquement pour le combat, le pitbull est un mélange de trois races choisies pour leur agressivité (Strattfordshire), leur musculature (bulldog) et leur poids (terrier plus petit, moins cher à nourrir).

La génétique joue un grand rôle dans les caractéristiques biologiques et comportementales des animaux — par exemple, les chevaux de course et les chevaux de trait, les vaches à lait et les races pour la viande, etc. Chez les chiens, certaines races excellent à la chasse (beagle), la détection de stupéfiants (bergers allemands), le transport en traîneau (huskies).

Au sein d’une même race – et même au sein d’une même portée – on peut trouver des différences individuelles : meilleur ou moins bon chasseur, plus ou moins agressif, affectueux, etc. La sélection génétique se fait par l’accouplement des meilleurs spécimens, selon la caractéristique désirée.

Les pitbulls sont maintenant devenus des chiens de compagnie, faisant oublier leur génétique, puisque ces chiens peuvent aussi être affectueux et loyaux. Cependant, le fait de « socialiser » un chien, ne lui enlève nullement ses prédispositions génétiques, lesquelles peuvent ressurgir à tout moment. Ainsi, un pitbull, bien «socialisé» et en apparence doux, peut très bien retrouver en quelques secondes ses instincts agressifs et cela si, par exemple, on le provoque (en lui enlevant son jouet) ou si un enfant se met subitement à courir.

Les attaques canines

Le Canada ne tient pas de statistiques fiables sur les attaques par des chiens. Les États-Unis par contre tiennent un registre strict des morsures de chiens nécessitant des soins hospitaliers. Et les statistiques sont éloquentes en ce qui a trait aux pitbulls.

Ainsi, depuis 2004, une moyenne de 360 000 personnes par an ont reçu des soins hospitaliers pour morsure de chien. Or, 66 % de ces attaques ont été causées par des pitbulls, suivi des rottweilers (11 %). La plupart des victimes sont des enfants, le plus souvent blessées au visage et au cou. Près de la moitié des victimes sont des membres de la famille du propriétaire du chien.

Ceux qui protègent fanatiquement les pitbulls présentent ces chiens comme des victimes de «discrimination». Ce ne sont pas les enfants défigurés ni les personnes qui doivent vivre le reste de leur vie avec les conséquences physiques et les traumatismes psychologiques d’une attaque canine qui sont considérées comme victimes.

Au Canada, depuis quelques mois, il y a eu au-delà d’une dizaine d’attaques par des pitbulls (ou de type pitbull); des adultes et enfants défigurés, traumatisés, un mort. En lisant les déclarations des propriétaires aux journalistes, on voit à quel point il est naif de penser que ces propriétaires sont conscients du danger de ces chiens qui «ont toujours été très affectueux».

Les pitbulls — ou mélange de pitbulls — sont des chiens dont les caractéristiques génétiques comportementales n’ont rien à voir avec celles d’un chien de compagnie. Ils sont responsables de la grande majorité des attaques violentes (défigurements, amputations, morts). L’expérience montre qu’il n’est pas réaliste de compter sur leurs propriétaires pour assurer la sécurité de leur famille ou de leurs voisins.

Il y aura d’autres personnes qui seront blessés, défigurés, tués ou marqués pour le restant de leur vie, tant que les autorités pensent que les propriétaires de chiens dangereux, s’ils sont bien «encadrés» pourront renverser les caractéristiques génétiques de leurs chiens.

L'auteur est Roberto Carr-Ribeiro, de Gatineau.